Alors que j’enchaîne les jeux Resident Evil en attendant avec impatience la sortie de Requiem, je tombe sur un petit frère du genre qui débarque sur console ! Ebola Village, le quatrième opus de la saga low budget « Ebola » d’indie_games_studio, est disponible depuis le 23 janvier 2026, avec Axyos Games aux commandes de l’édition console. Malgré les avis très mitigés sur cette “série”, voici notre avis.
Ça va mal dans la cambrousse.
Dans Ebola Village, nous incarnons Maria, une jeune femme qui n’est pas sans rappeler notre amie Claire Redfield, vivant tranquillement dans son appartement bordélique, quand un reportage télé sur une épidémie biologique d’Ebola interrompt sa soirée pizza‑vodka‑clope. Inquiète pour sa mère, elle se rend dans son village natal russe isolé, près de Popovka, où une contamination mystérieuse a transformé les habitants en créatures agressives et démentes.


Dans les faits… c’est un petit scénario banal pour un jeu de zombies random. Ça rappelle vaguement certains opus de Resident Evil mais rien de bien méchant pour le moment. Le gros souci, c’est que le scénario est complètement foireux et je mâche mes mots. C’est vraiment n’importe quoi.
Maria se retrouve entourée de zombies tous identiques, tandis qu’un ivrogne malade d’une hépatite reste tranquillement à cuver dans un coin, immunisé, et dont on finit par s’injecter le sang (si, si) après une intervention complètement ratée de l’armée, instantanément décimée par l’ennemi.




Sinon, à la base, on tente par tous les moyens (c’est‑à‑dire faire 30 allers‑retours pour avoir une clé) d’obtenir de l’aspirine pour la fièvre de notre mère, (pauvre femme qui semble plus possédée que malade) plutôt que de fuir. Pour finalement assister à l’une des pires fins possibles n’ayant aucun lien avec la jolie demoiselle qu’on pouvait penser être l’antagoniste principale ou la petite fille qui nous amène dans la dernière zone du jeu.

Notons qu’un préquel « enrichit » l’expérience via un court‑métrage live‑action gratuit sur YouTube, qui « pose le contexte » des événements initiaux au village.
Resident Evil sans budget, hello.
Si le titre parle de lui‑même, il faut le voir pour le croire. Avec un inventaire, un système de coffre, de save room, de plantes à combiner (sauf qu’ici, ce sont des infusions) ou encore l’animation d’ouverture des portes, nous avons un jumeau mal‑aimé et mal formé de Resident Evil. Un peu du 2, du 3, du 4, du 7… C’est magnifique, tant aucun effort n’a été fait pour masquer le pompage ébahissant de notre bon vieux RE jusqu’aux logos des clés !
C’est Resident Evil, en FPS et extrêmement mauvais.
En dehors de ça, et je sais que c’est difficile de passer outre, le jeu est tout ce qu’on peut attendre d’un survival sans budget. Si je n’ai pas été gênée par la rigidité de notre amie Maria, la résistance des ennemis m’a, quant à elle, fait tiquer. Quand un loup‑garou tout pété s’étale en deux coups de fusil à pompe, on ne s’attend pas à ce que des zombies très random puissent être aussi coriaces. Il en va de même pour les deux pauvres boss aka un fou à la tronçonneuse et un taureau infecté, qui se font fusiller en quelques secondes.
Une seule quête de collection est disponible dans le jeu. Il s’agit de 15 poupées‑amulettes slaves qui couinent quand on s’en approche. J’en ai trouvé 14, et ça m’a bien ennuyée, je l’avoue. Si vous cherchez des énigmes… il n’y en a qu’une seule, pour avoir, tadam, une demi‑clé !


Pas d’budget… pas d’budget.
Qu’est‑ce qu’on peut tirer de tout cela ? Entre les textures qui mettent un temps fou à charger et la traduction française très approximative rendant les dialogues complètement à côté de l’ambiance… c’est vraiment difficile de prendre le jeu au sérieux. Les ennemis sont tous les mêmes !
Par contre, il y a un certain soin apporté à quelques détails, comme un chapeau qui tombe après un coup ou alors… l’intérieur des ennemis. Oui, parce qu’à chaque tir, nous avons l’occasion de carrément arracher des morceaux de chair à nos camarades zombifiés. Un œil qui vagabonde, une cage thoracique apparente… c’est drôle. Ça n’a rien à faire là, mais ça reste drôle.
Les bruitages sont corrects, les musiques inexistantes en dehors du thème de la save room. Les doublages, uniquement en russe, ont un petit côté très agressif. Même quand Maria entend un vinyle de son ex‑mari parlant d’amour (oui, oui), ça reste très mauvais.



Ça y ressemble de loin, dans le brouillard, en étant myope.
Ebola Village, c’est un peu comme si Resident Evil et un projet d’école de game design avaient eu un bébé… mais que personne ne s’en était occupé depuis la naissance. Est‑ce catastrophique ? Absolument. Est‑ce fascinant ? Aussi, un peu. Parce qu’au fond, il faut du courage (ou de l’inconscience) pour oser sortir en 2026 un Resident Evil discount en russe, sans budget, sans musique et sans logique.
Dans le fond, je n’ai pas passé un si mauvais moment que ça ; disons que c’est comme regarder une parodie d’un bon film. C’est absurde, sans intérêt… sauf quand on aime se faire du mal.
Pour
- De la franche rigolade
- Les poupées qui chouinent
Contre
- Les temps de chargement infernaux
- La difficulté qui vacille
- Les textures qui chargent après
- Le scénario incompréhensible
Test – Ebola Village
Conclusion
Les jeux à petits budgets nous offrent parfois d’excellentes surprises. Ebola Village en est une, mais pas dans le sens où on l’espère. Incompréhensible copie d’une mauvaise bouillie de la saga Resident Evil, vous n’avez aucun intérêt à jouer à ce jeu en dehors de la curiosité. Vous êtes prévenu.
