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Test – The Empty Desk. Vide, vous avez dit vide ?

Temps de lecture : 5 minutes

 

Un bon petit jeu d’enquête, c’est toujours bien sympathique entre deux gros jeux ! Et quand il s’agit d’un solo dev, je suis toujours très curieuse ! Alors aujourd’hui, c’est The Empty Desk, développé et publié par CheesecakeGames ! Disponible sur PC depuis avril 2025, c’est la version console qui débarque le 17 avril 2026, le sujet de notre test du jour.

Test réalisé sur PS5 Pro à l’aide d’une version numérique envoyée par l’éditeur que nous remercions.

Bennett pas si prêt de la retraite :

Quand la presse annonce le décès brutal d’Arthur Blackthorn, magnat de l’assurance et patron tout-puissant de Blackthorn & Co, le détective Thomas H. Bennett ne s’attend pas à être concerné. Spécialiste des homicides, il s’apprêtait à laisser les enquêtes aux jeunes, son départ à la retraite n’étant plus qu’à quelques jours. Mais le téléphone sonne, et la voix de son supérieur ne laisse guère de place à la discussion ! Cette affaire, c’est pour lui. Avec une pointe d’agacement, Bennett comprend qu’il devra repousser le calme qu’il imaginait enfin goûter.

(Enfin monsieur est grognon et pense sincèrement qu’il peut juste mettre un doigt sur place alors qu’il y saute à pieds joints.)

D’autant que le dossier s’annonce épineux : non seulement Arthur Blackthorn a trouvé la mort dans des circonstances troubles, mais son gendre est carrément passé par la fenêtre et sa fille reste introuvable depuis l’incident.

 

Ainsi débute notre enquête dans un immeuble franchement lugubre, avec pour seule communication Sarah, un « petit génie de l’informatique » qui n’a pas la moindre idée d’où nous sommes. (Et nous non plus d’ailleurs, notre première mission est de trouver l’adresse du building. Pourtant nous y sommes déjà…)

Si tout ca donne envie, l’histoire ne décolle malheureusement jamais. Je n’ai pas ressenti une seule seconde l’intérêt de tout ceci et pourtant j’ai essayé ! Bennett et Emily n’inspirent aucune affection. Les thèmes principaux énoncés à la base, la santé mentale, de l’épuisement professionnel et de l’isolement au travail sont incarnés par la demoiselle mais d’une façon qui n’apporte absolument rien. Je n’ai pas non plus ressenti de lien avec le « Empty Desk Syndrom. » Peut-être ne suis-je pas le public visé malgré mes affinités avec ces sujets.

N’est pas Sherlock qui veut :

Si enquêteur rime avec enquête (pas du tout), ici ne vous attendez pas à jouer les détectives à proprement parler. Certes Bennett est renommé dans son domaine, mais notre vieux bonhomme n’est pas motivé du tout et va traîner la patte à chercher des indices à l’aide d’un appareil photo pour répondre à la demande de « Ghost » une drôle d’entité à la recherche de la vérité mais seulement par nos soins. Et ce tout au long du jeu.

Papiers sur le sol, posés n’importe où, VHS… On garde l’appareil en main, on trouve des boîtes et des feuilles volantes en surbrillance bleue et… c’est tout. Concrètement, c’est la seule chose à faire en dehors des dialogues où nous n’avons pas notre mot à dire.

 

Même Bennett aurait préféré ranger son bureau plutôt que chercher encore un indice de plus. Dommage, l’exploitation des employés, cette fameuse fumée bleue, tout ça aurait pu être un sacré mélange mais en fait, non.

Pour une raison inconnue, des pièces en or sont disposées un petit peu partout. Au nombre de 100, (oui, cent !) elles permettent de déverrouiller des photos dans le mode « extra ».

The Empty Desk very empty.

Solo dev et petit budget obligent, le jeu n’a rien à offrir d’un point de vue esthétique en dehors de quelques plans. Si la salle de travail peut générer un certain malaise professionnel qui reste cohérent avec le thème du jeu (que je n’ai pas franchement retrouvé ailleurs), le reste brille par un aspect aseptisé qu’on ne peut pas qualifier de sobre. C’est carré, vide, tellement propre que ça semble parfois bugué.

 

Des « screamers », si on peut appeler ça comme ça, complètement non nécessaires, sont éparpillés mais peuvent être désactivés au début du jeu.

Les portraits des employés par-ci et par-là, en plus de ceux des Blackthorn, sont faits par IA et sont plutôt bien fichus, mais en dehors de ça… c’est déprimant. N’ayant pas de doubleur sous la main, le développeur a opté pour l’option IA ici aussi et c’est carrément un cauchemar, mais il propose l’option sympathique de les désactiver. Dans ce cas, c’est le silence absolu du début à la fin en dehors d’un vague fond qui loop en boucle… et des bruits infernaux des talons des personnages. (Parce que oui, Bennett et Emily ont les mêmes chaussures apparement.)

C’est assez dommage parce que quelques petites lignes de notre pauvre inspecteur sont assez drôles parfois.

La dépression en jeu vidéo :

Soyons honnêtes. J’adore les jeux d’enquête, les Sherlock et autres John Morley. En plus de ça, je salue vraiment le courage d’un solo dev de sortir un jeu à notre époque, mais… The Empty Desk n’est franchement pas abouti. Même en tant que test, qu’essai, je me suis incroyablement ennuyée du début à la fin. Avec l’IA pour les voix, c’est horripilant au possible ; sans, c’est un complétement vide. Les textes ne sont pas inspirés, les décors sont complètement vides.

Le scénario était franchement sympathique mais si peu creusé que c’est retombé comme un soufflé à cause des phases de gameplay où il suffit de prendre des photos de vagues indices… C’est ennuyeux. Comptez deux heures pour terminer le jeu, sans rejouabilité et heureusement.

Je ne saurais décrire le jeu autrement que vide, et ça me désole parce que j’étais très contente de m’y attaquer ! Si c’est le début des aventures de Bennett, j’espère sincèrement qu’il aura de meilleures enquêtes à nous offrir par la suite.

Pour

  • Pas un seul bug
  • Le pitch de base
  • Pouvoir désactiver les voix IA

Contre

  • Aucune ambiance
  • C’est incroyablement vide
  • Boucle de « gameplay » ennuyeuse au possible

Test – The Empty Desk

PampaPoulpe

Scénario/ambiance
Graphisme/Direction artistique
Gameplay
Intérêt

Conclusion :

The Empty Desk se révèle être une expérience frustrante mais surtout décevante. Malgré un concept prometteur : un vieux détective blasé piégé dans un building vide, entouré d’énigmes et d’une ambiance qui peine à tenir ses promesses. L’idée est séduisante mais ne m’aura laissé qu’un sentiment de vide.

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