En 2021 sortait Returnal, un titre qui interrogeait au premier abord par son concept. Un jeu d’action-aventure rogue-lite à grande échelle et rempli d’ambition. Si au départ les joueurs étaient perplexes vis-à-vis de ce que proposait le jeu, Returnal aura fini par se faire une solide réputation avec le temps. Une réputation menant au rachat du studio, Housemarque, par Playstation. Aujourd’hui, Housemarque nous propose une nouvelle aventure qui se veut être une suite spirituelle à Returnal.
Disponible sur PS5 depuis le 30 avril 2026, Saros est un jeu d’action-aventure développé par Housemarque et édité par Sony Interactive Entertainment. Nous allons voir ensemble s’il est à la hauteur de la réputation que Returnal a bâti pour lui.

Test réalisé sur Playstation 5 à l’aide d’une clé numérique envoyée par l’éditeur que nous remercions.
MOURIR, APPRENDRE, RECOMMENCER…
Saros nous raconte l’histoire de Arjun Devraj, un membre de l’échelon IV, une équipe du groupe Soltari. Ce groupe a pour but de terraformer la planète Carcosa afin d’en collecter des ressources précieuses pour la terre. Cependant, le temps défile différemment sur Carcosa à cause d’un phénomène astral appelé l’éclipse. Alors que quelques jours sont passés pour Arjun, ce sont des semaines, voire des mois, qu’on ressenti les autres membres de l’échelon IV. Arjun va devoir retrouver les membres de son équipe perdus sur Carcosa, mais à également un objectif bien plus important en tête, Retrouver sa femme, Nitya Chandran, également perdue sur cette planète hostile.



D’après ce que j’ai compris, le jeu reprend la trame narrative d’un roman de Robert W. Chambers nommé « le roi en jaune ». Cependant, n’ayant pas lu le livre, je ne saurais dire à quel point c’est fidèle à l’œuvre originale. Néanmoins, si l’histoire du jeu est classique lors des premières heures elle se montrera plus profonde et intéressante plus tard. C’est l’inverse de Returnal dans un sens, ce dernier intriguait grâce a la confusion des premières heures mais s’avérait finalement assez classique dans sa résolution. Bien que le jeu soit plus fourni en cinématiques que son prédécesseur, il n’en est pas moins cryptique. Vous démêlerez l’histoire principalement grâce aux notes et aux audios que vous trouverez lors de vos expéditions sur Carcosa.
UN GAMEPLAY TOUJOURS AUSSI EFFICACE
Concrètement, le gameplay de Saros est similaire à celui de Returnal sur de nombreux points. On explore un biome en se confrontant aux différents ennemis sur notre chemin tout en évitant leurs projectiles. On se défend grâce à diverses armes disposant de tirs secondaires plus ou moins pratique selon la situation. Lesdites armes ont des munitions illimitées mais doivent quand même être rechargés à l’aide d’un QTE. Et finalement on affronte un boss à la fin de chaque biome avant de passer au suivant.
Cependant, cette « suite » dispose de quelques nouveautés par rapport à Returnal. Arjun aura un bouclier lui permettant d’absorber des projectiles spécifiques pour charger un tir spécial. Si ce bouclier s’avère pratique, il n’est cependant pas illimité et peut se briser si on absorbe les mauvais projectiles. Notre protagoniste pourra également trouver des reliques, des objets conférant des bonus passifs à notre personnage.


En revanche, chaque partie nécessitera de faire basculer la planète Carcosa en mode éclipse. Durant ce phénomène, les projectiles ennemis seront corrompus (réduisant la barre de vie de notre héros) et les reliques donneront un malus en plus de leur bonus. Il sera donc nécessaire au joueur de faire la part des choses concernant ce qu’il veut collecter ou non. Même si l’éclipse peut intimider, elle change trop peu d’éléments pour être impactante et finira par être une simple formalité.
Comme dit plus tôt, Saros partage de nombreuses similarités avec Returnal et est tout autant plaisant à parcourir. Même si certains points sont à revoir (j’y reviendrai plus tard) c’est particulièrement satisfaisant d’y jouer. Arjun est très agile et se manie sans pris de tête, s’en est presque instinctif.
UNE IMMERSION RÉUSSIE
Graphiquement, le jeu est particulièrement beau, que ce soit la modélisation des personnages ou des ennemis. Mais la planète Carcosa n’est pas en reste pour autant, globalement les décors sont très réussis. Cependant, je dirais qu’il y a une certaine redondance concernant la direction artistique du jeu. Là ou Returnal se démarquait par la diversité de ses biomes (même après l’acte 2 qui reprenais les premiers biomes du jeu) dans Saros je trouve que c’est assez peu marquant. Globalement il y a vraiment 3 biomes qui m’ont marqué et je suis totalement passer à côté des autres.



Le bestiaire du jeu est plutôt cool également, même si on pourrait déplorer une abondance d’ennemis mécaniques/robotiques. En revanche, les boss étaient particulièrement iconiques, chaque affrontement me semblait légendaire. Si on met de côté un boss qui ressemblait plus à un mini boss qu’autre chose, c’était globalement épique à chaque affrontement. Mention spéciale au berger et à l’architecte qui sont mes favoris. L’immersion dans le jeu est donc très réussie, que ce soit grâce à la D.A, aux audios que l’on trouve, aux graphismes, ou même à la dualsense qui réagit à certains environnements. Cependant, il n’y a pas que du positif dans ce jeu d’après moi.
PLUS ACCESSIBLE, MAIS MOINS UNIQUE
Le jeu dispose d’un système relativement différent de Returnal grâce à deux éléments apporter par Saros. D’abord il y a la matrice d’armure, un arbre de compétences vous permettant d’améliorer vos statistiques de façon permanente. Ça permet également d’apporter certains bonus importants (notamment une résurrection) ou des objets obtenus au début de chaque expédition. Mais il y a également les modificateurs Carcosiens, ces modificateurs permettent de changer plusieurs éléments de votre run, concernant vos statistiques, les objets récolter ou certaines de vos compétences, facilitant ainsi votre aventure ou au contraire, compliquant vos tentatives.
Vous pourrez par exemple augmenter les dégâts que vous infliger, réduire les dégâts que vous subirez, augmenter vos chances de trouver certaines armes ou obtenir de meilleures ressources. Mais de l’autre coté vous pouvez aussi choisir d’augmenter les dégâts subis, de réduire les dégâts infligés, de faire une run sans résurrection ou de bannir certaines ressources importantes de tous les biomes. Il y a cependant un équilibrage à apporter, vous ne pourrez pas mettre que des bonus car chacun d’eux ont un coût. Donc en fonction du nombre d’avantages que vous aurez choisi vous devrez les contrebalancer avec des inconvénients.


Le jeu se veut donc plus accessible et permet au joueur de faire l’aventure qu’il souhaite, ce que j’approuve. Cependant, je pense que là ou Saros gagne en accessibilité, il perd en identité par rapport à Returnal. Si dans le précédent jeu de Housemarque chaque tentative était tintée d’une dose raisonnable d’aléatoire, notamment grâce aux armes collectées, aux reliques trouvées et aux objets ramassées, dans cette suite ça n’a clairement pas le même impact.
Saros modifie peu de choses dans chaque biome à chaque tentative, l’arme de départ est la dernière arme collectée dans l’expédition précédente, les reliques n’ont aucun malus avant l’éclipse et bien d’autres choses qui rendent perplexe. Finalement ce qui faisait tout le sel des expéditions dans Returnal à quasiment disparu dans cette suite spirituelle. C’est dommage, néanmoins ça ne rend pas le jeu moins intéressant pour autant. Il plaira certainement à la plupart des gens pour ce qu’il apporte, mais ceux ayant fait Returnal pourrait se sentir trahi par cette décision.
Pour
- Une histoire qui gagne en intérêt au fil du temps
- Le gameplay maitrisé et satisfaisant
- Une ambiance globale immersive
- Les combats de boss, légendaires !
- Plus accessible d’une manière générale
Contre
- D.A assez peu marquante (en dehors de 2-3 zones)
- Absence surprenante d’aléatoires et de composantes rogue-lite
- L’éclipse, intéressante mais assez peu impactante avec du recul
Test – Saros – une suite spirituelle qui perd en identité
CONCLUSION
Saros est une suite spirituelle intéressante à Returnal, plus accessible, plus épique et plus ambitieuse. Mais ce qu’il gagne en grandeur il le perd également en identité. L’absence de l’aspect aléatoire qui faisait tout le sel de chaque expédition sur Returnal risque d’en décevoir certains, mais ils ne doivent pas renoncer au jeu juste pour ça. Le jeu en lui-même est vraiment très bon, amusant à prendre en main, dispose d’une histoire à la fois cryptique et fascinante et on ne demande qu’a y retourner.

