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Test — Necrophosis: Full Consciousness

Temps de lecture : 7 minutes

Pourquoi ne pas commencer ce début juin avec un petit ovni horrifique pour un nouveau Spooky ? Catalogué dans la catégorie Art/Experimental sur le PlayStation Store, tout comme un certain One Step After All, ça ne pouvait que m’intéresser ! Necrophosis: Full Consciousness est développé par Dragonis Games et édité par PQube. Il est sorti le 28 mai 2026 sur PS5, Xbox Series X|S et Steam. Qu’en avons-nous pensé ?

Test réalisé sur PS5 Pro et PS5 à l’aide d’une version numérique nous ayant été envoyée par l’éditeur, que nous remercions.

https://youtu.be/5DAymX-6mJA?is=b1j5JU9tGzxBm4Uj

Une édition complète et une version physique !

Si Necrophosis était déjà disponible sur Steam depuis 2025, Full Consciousness nous arrive enfin sur console avec son DLC. Bonne surprise pour les acheteurs de l’édition physique : The Shore ! Un jeu bonus complet développé par le même studio, inclus gratuitement dans l’édition physique PS5.

 

Cela ne nous concerne pas malheureusement, le test portant uniquement sur la version dématérialisée.

Un prochain achat, peut-être ?

https://youtu.be/-RQfkZU_4c4?is=wJB9MlwVG6q4r2X7

Quand la poésie rencontre la pourriture.

C’est sous le nom, ou plutôt le titre de la « Conscience » que nous nous réveillons sans réelle information. Le premier cycle commence. Nous sommes visiblement une espèce d’entité enfermée dans une enveloppe émaciée, pourrissante et privée de souvenirs. Autour de nous, le monde est ravagé par la malédiction du Necrophosis. Des milliards d’années après la fin de l’univers, il ne reste que des environnements grotesques rongés par une dégradation éternelle. Perdu dans un océan de sable, le monde est peuplé de dieux délaissés pourrissant au-delà de l’éternité. Des entités surnaturelles lovecraftiennes et des êtres grotesques infectés par la malédiction incarnent l’essence même de la décadence. Mais un écho continue de résonner malgré le cycle éternel de mort et de renaissance dans lequel errent ces dieux décadents, nous.

 


Notre mission ? Explorer des environnements grotesques rongés par une dégradation éternelle où tout se décompose sans cesse, afin de reconstituer des fragments de vérité. Mais surtout comprendre les raisons de notre réveil ? Concrètement, le jeu en lui-même est assez… flou. L’histoire se dévoile à travers des poèmes narratifs qui mélangent prophéties, philosophie en ne plus savoir qu’en faire. Des indices visuels disséminés dans l’environnement, et des narrations spectrales nous entraînent dans un slow-burn énigmatique à la fin étonnement poétique. Même si quelques dialogues et apparitions restent encore complètement hors de ma compréhension.


Tantôt verbeuse, tantôt vide, l’expérience n’est pas désagréable mais sujette à interprétation selon le point de vue du joueur… J’avoue y avoir été cliente de mon côté. Quoi que parfois exagérée, l’utilisation a outrance de métaphores trouve son public dans les amoureux des beaux arts.

La solitude qui se ressent dans le gameplay :

Sans surprise, Necrophosis est un « walking sim » d’horreur psychologique en première personne. Le gameplay se concentre sur l’exploration et la résolution d’énigmes. Pas de combat, pas d’armes ; les quelques menaces qui nous laissent complètement vulnérables dans ce monde pourrissant ne génèrent aucune angoisse, malheureusement.

 


Le jeu nous propose donc un gameplay profondément linéaire et simple avec des énigmes pas particulièrement difficiles qui consistent, soyons tout à fait francs, à avancer dans le monde, à interagir avec l’environnement et à reconstituer l’histoire fragment par fragment. On est plutôt témoin ou voyageur, explorant des paysages inquiétants qui nous donnent une expérience atmosphérique macabre pas déplaisante tant qu’on ne s’attend pas à mieux.


Si notre personnage peut courir et ramasser quelques objets, le jeu répond extrêmement mal quand il s’agit de sélectionner le bon item. Il peine à réagir et demande un petit spam sur les touches comme pour le forcer à nous donner ce que l’on veut. Cela devient forcément agaçant. Il en va de même pour les quelques modes de déplacement de notre avatar : lui seul est fluide, mais une fois aux commandes d’autre chose, c’est d’une lenteur frustrante. Ou alors on se demande vraiment « pourquoi » ! De quoi avoir envie de laisser tomber ; heureusement que les zones ne sont pas bien grandes.

Impossible de comprendre ce passage par exemple

Un aperçu glaçant de la fin de tout :

Si on doit retenir quelque chose de ce jeu, c’est qu’il a bien mérité sa place dans la catégorie Art/Experimental ! Le gros point fort du jeu est là ! Parce que oui, Necrophosis est artistiquement magnifique. Le jeu est inspiré par l’œuvre du polonais Zdzisław Beksiński, célèbre pour ses tableaux surréalistes grotesques et dystopiques. Cette influence crée un univers bizarre, grotesque et visuellement perturbant que j’ai particulièrement apprécié au-delà de tout le texte disponible.

Les environnements sont pourrissants, funestes et cauchemardesques, peuplés de créatures grotesques et d’images inquiétantes. C’est un souffle de body horror façon David Cronenberg, à la croisée des tableaux de Beksiński et de l’horreur cosmique d’un Lovecraft qui aurait préféré le sable du désert plutôt que celui des fonds marins. Amatrice de tout ce beau monde, de Junji Ito et de ses comparses, j’ai savouré la laideur des murs, la brutalité des couleurs et le profond sentiment de solitude qui se ressent dans certaines zones.

 

 

On notera tout de même les animations extrêmement datées, les textures franchement terrifiantes dans le mauvais sens du terme, les clippings un petit peu partout, voire même des bugs de textures, mais la direction artistique est assez singulière pour relever le tout.

C’est comme un sublime cauchemar à vivre en pleine conscience. L’atmosphère est surréaliste, dreamlike et complètement déstabilisante. Le jeu vit dans son propre coin de l’horreur, étrange, putride et sans aucun autre intérêt que celui de mettre à l’aise. J’avais très peur de subir un nouvel « Agony » jeu qui m’avait extrêmement déçu, mais ici l’ambiance est franchement travaillée à l’exception d’un des niveaux !

 


Ami du macabre et du sale, bienvenue au paradis !

Un écho dans le néant :

Sur le plan auditif, nous avons là quelques pistes franchement impeccables pour l’ambiance. Les yeux fermés, c’est absolument délicieux ! Le néant, la fin, la détresse… C’est très réaliste.

Je suis un petit peu moins satisfaite des bruitages un tantinet exagérés, on entend pas mal de choses gluantes ou visqueuses qui tombent, qui glissent même quand ce n’est pas forcément le sujet du décor. Les voix/doublages sont parfois convaincantes avec un petit quelque chose de solennel mais restent globalement assez plates. C’est clairement les fonds musicaux qui sauvent les meubles ! Et que dire de la musique des crédits tout simplement sublime.

La création mais à quel prix ?

Durant ce test, je me suis posée beaucoup de questions. Mon idée de sa finalité résidait sur le fait que ce n’est pas un mauvais jeu, mais que de nombreux détails en font une expérience aussi pénible qu’unique. Soyons tout de même un petit peu indulgents : nous n’avons pas ici un triple A avec un budget de fou furieux, mais un jeu développé par deux personnes. Rien que pour ça, ça mérite le coup d’œil !

Et sincèrement… Je n’ai pas passé un mauvais moment sur Necrophosis. Le jeu n’a aucun bug, demande des allers-retours certes, mais dans de petites zones. Il propose même une sélection de chapitres pour celles et ceux qui chassent les platines/100% ! Non, je n’ai pas passé un mauvais moment, mais est-ce que je me suis amusée comme avec un jeu vidéo en règle générale ? Non plus. C’est ma curiosité du morbide et de cet univers étrange qui m’a poussée à continuer l’épopée, quoi qu’elle fût assez courte (2 heures pour terminer l’aventure sans son DLC).

Comme présenté, le jeu est une expérience artistique unique et n’est donc pas pour tout le monde. Avec son scénario porté par de la poésie et son esthétisme glauque, on navigue dans un certain flou avec des moments de doute sur ce qu’on est en train de voir à l’écran… Mais je ne regrette pas l’aventure. J’attaque même son DLC dans la foulée !

Pour

  • Une certaine poésie
  • DA très intéressante
  • Une expérience dépaysante
  • Des musiques à la justesse rare

Contre

  • Aucun réel gameplay
  • Peut clairement repousser
  • Est-ce que c’était Cthulhu ?!
  • Trop de questions sans réponse

Test – Necrophosis

PampaPoulpe

Scénario/ambiance
Graphisme/Direction artistique
Gameplay
Intérêt

Conclusion

Un jeu qui n’en est pas vraiment un, avec une identité à classer dans le genre OVNI. Je me pose encore des questions sur ce que j’ai lu/vécu. Personnellement, j’ai franchement aimé, c’est totalement mon style, mais ce n’est pas à recommander à tout le monde. À tester par curiosité, à savourer si on aime le glauque et les noeuds au cerveau. 

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