C’est l’été, il fait chaud, alors pourquoi ne pas frissonner un peu avec un petit spooky ? Aujourd’hui, nous nous penchons sur Among Ashes, un survival horror développé par Rat Cliff Games. Sorti en décembre 2024 en dématérialisé sur PC et PS5, le jeu a ensuite été porté sur Xbox un peu plus d’un an après. Ayant entendu énormément de bien du titre, j’avais très envie de tenter l’aventure. Mieux vaut tard que jamais, n’est-ce pas ?
Un jeu dans un jeu, mais qui manipule qui ?
Le scénario de Among Ashes nous propose une idée très « Inception » : un jeu dans un jeu, qui glisse peu à peu d’un hommage au survival horror rétro vers une histoire de plus en plus méta. La frontière entre fiction et réalité devient de plus en plus floue, au point que le scénario demande vraiment une certaine attention pour bien suivre ce qui se joue sous nos yeux.
En apparence, le point de départ reste très simple. Après une première partie sur un Doom-like volontairement moche, et un boss bien énervé qui nous cueille sans ménagement, une fenêtre surgit à l’écran. Un ami nous envoie alors un lien vers un vieux jeu d’horreur baptisé Night Call. Rien de très original sur le papier: un personnage seul chez lui, une longue nuit lugubre, un jeu bizarre trouvé sur le web… C’est assez film d’horreur lamba. Mais ici, la manière dont le jeu déroule son histoire change tout !


Clairement, au fur et à mesure de notre progression, Among Ashes installe une vraie sensation de malaise surtout avec le casque sur les oreilles (c’est d’ailleurs conseillé dès le debut du jeu !). On commence par jouer à un faux jeu rétro : Un duo de flic débarque dans un manoir louche où une soubrette pas nette nous accueille… Très old school ! Puis on se balade sur un PC, on lit des messages, on consulte des pages, on discute avec un pote qui balance des infos comme si on était encore à l’époque des forums et de MSN. Et doucement, sans trop trop forcer son effet, le jeu commence à déborder dans notre espace de jeu. Je pense que c’est le bon terme : « déborder ». À tel point qu’on en arriver à se demander si on est dans le jeu du jeu ou simplement dans le jeu. Vous me suivez ?

Au final, la vraie question devient alors : qu’est-ce qui nous captive le plus ? La suite de l’enquête dans Night Call, ou ce qui attend le personnage principal dans la « vraie » couche du récit ?
Le trouple parfait : FPS, survival horror et walking sim :
Si le titre ne parle pas déjà de lui-même, Among Ashes a le mérite de ne rien faire comme les autres, ou en tout cas de mélanger ses idées avec suffisamment d’intelligence pour garder le joueur accroché. Pour moi ce fut très efficace.
Le jeu jongle entre plusieurs couches de gameplay, et c’est précisément cette alternance qui m’a plu. Pas très emballée par le début du jeu dans le jeu, ça a fait mouche assez rapidement en fait.
On passe d’un petit défouloir d’introduction à Night Call, un faux survival horror à l’ancienne dans le genre « Resident Hill in the Dark » vue FPS, avant de revenir à une réalité plus calme, banale, dans un appartement où l’ambiance finit pourtant par devenir tout sauf rassurante.
Dans Night Call, on retrouve une structure très survival horror classique. Il faut explorer des couloirs, fouiller des pièces, trouver des clés, ouvrir des raccourcis, dénicher des objets utiles et gérer ses ressources avec prudence. Les combats reposent sur des munitions limitées, et les ennemis ne disparaissent pas toujours définitivement, ce qui entretient cette petite pression constante qu’on aime tant dans le genre.



Le manoir est assez grand pour donner envie d’explorer, avec ses salles annexes, ses passages secrets, son cimetière et ses petits clins d’œil assumés aux grands classiques du survival horror. On sent clairement que le jeu connaît ses références, et qu’il veut les citer avec affection plutôt qu’avec paresse.
Même si quelques trucs sont mal fichus. Comme le fait de quitter le faux jeu en pause et d’y revenir sans. Les ennemis continuent d’évoluer et ça pénalise pas mal quand ils sont nombreux ! Le PC reste relativement vide et assez factice aussi. Après le prologue, impossible de relancer le doom-like, dommage.

Un jeu meta ?
Pourtant ce qui rend l’ensemble malgré tout délicieux, c’est la façon dont le jeu casse cette monotonie ! À intervalle régulier, notre ami spoiler nous envoie des messages, des liens, des petites trouvailles glanées sur des forums ou des articles en ligne. Et là, Among Ashes bascule un tantinet en jeu d’enquête méta. On se surprend à vouloir en savoir plus sur le jeu dans le jeu, sur son histoire, sur ses créateurs, sur ce qui se cache derrière cette étrange expérience ! Et pendant ce temps-là, le protagoniste, lui, semble de plus en plus débordé par ce qu’il vit.



Le jeu pousse même le vice de nous faire jouer à un jeu dans un jeu… dans un jeu ! En effet pour avancer dans l’histoire, notre flic perdu dans le manoir des horreurs n’aura pas d’autres choix que de faire une partie de Zelda-like assez punitif pour obtenir un code. C’est délirant. Et ne comptez pas sur internet pour vous aider parce que les énigmes ont l’air d’être générée aléatoirement selon la partie ! Délirant mais franchement génial.


Quelques petits détails de taille.
Je recommande vivement aux joueurs de ne pas supprimer les clés de leur inventaire même quand elles ne servent à rien. J’ai personnellement été bloqué dans la chambre de Derek après le mini jeu. N’ayant plus la clé dans mon inventaire, j’ai eu de la chance de pouvoir relancer une sauvegarde antérieure mais sinon je devrais tout refaire.

Ainsi, pensez aussi à utiliser les slots différents de sauvegardes ! Le jeu n’est pas exempt de bugs (comme les ennemis qui peuvent frapper à travers les murs !) et ça m’a aidé à ne pas perdre inutilement ma progression.
Une dernière chose : les feuilles des carnets de sauvegarde ne sont pas illimitées ! Ayant joué en normal je tiens à le souligner, plusieurs saves sont possibles au même point mais prenez garde.

A noter que les bugs peuvent être reportés ici !
Deux styles qui se répondent bien :
L’ambiance de Among Ashes fonctionne précisément parce qu’elle repose sur deux univers très différents, mais complémentaires.
D’un côté, on a les graphismes polygonaux façon ère PS1, qui laissent beaucoup de place à l’imagination et à l’inconfort. Mention spéciale au design des ennemis, c’est excellent ! Bébé moche, zombies, immondices ! Et dois je mentionner la poitrine très « Lara Croft » de la soubrette ?


De l’autre, on retrouve un appartement moderne. Assez petit, bien modélisé, trop propre, en plein mois de décembre, dans lequel se déroule la partie « réelle » de l’aventure. Ce contraste marche franchement bien. C’est troublant, les changements sont brutaux, perso j’adore.
Les bruitages sont un délice de nostalgie, rien n’est laissé au hasard ! Est ce que vous vous souvenez du bruit des notifications MSN ? Moi oui ! Et ça fait tout drôle ! Les doublages sont vraiment impeccables, les quelques musiques n’empiètent pas sur le reste. Est ce que nous tenons la un sans faute ? Possible !

Petit bug notable : Ne désactivez pas les flous des options en jeu ! Cela va donner au jeu un aspect presque illisible qui m’a laissé un petit peu perplexe. Si cela arrive, pas de panique pour autant, relancez simplement votre partie.




Among Ashes : Une merveille indépendante ?
Je n’y peux rien j’adore les médias qui brisent le quatrième mur. C’est pour moi la seule façon de frémir un peu ! Among Ashes est donc exactement le genre de petite pépite horrifique que j’aime découvrir. Une œuvre qui joue avec ses références, qui ose le méta et qui parvient surtout à créer un vrai malaise en brouillant sans cesse la frontière entre fiction et réalité.
Avec une durée de vie de quatre bonnes heures, le jeu réussit à installer une ambiance, à surprendre, et à proposer une expérience suffisamment marquante pour qu’on ait envie d’en parler une fois la manette posée.

Malgré quelques bugs, une poignée de bizarreries de gameplay et un ou deux moments un peu frustrants (dont un pic de difficulté qui m’a demandé de tricher un petit peu en tabassant les ennemis par delà les murs), Among Ashes est une petite merveille que je ne regrette certainement pas d’avoir acheté !
Une édition physique est d’ailleurs disponible avec une très belle illustration, sur PS5 chez pour celles et ceux qui voudraient l’ajouter à leur collection.

Pour
- Un bel ovnis
- Le bestiaire
- Le délire méta
- Les clins d’œil
Contre
- Trop de salles de bain
- Des bugs encore non corrigés maintenant
Test – Among Ashes
Conclusion
Among Ashes est un jeu auquel il faut jouer ! C’est ingénieux, troublant, un peu barré. Une pause parfaite entre tous ces jeux qui se ressemblent. Un OVNI inspiré qui pousse à la réflexion, qui laisse souvent interloqué. J’ai aimé, et vous allez aimer aussi.
