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Test de Jotunnslayer: Hordes of Hel — Le roguelike nordique

Temps de lecture : 6 minutes

Intéressée depuis qu’il a rejoint la wishlist Steam l’année dernière, Jotunnslayer: Hordes of Hel est un jeu de type rogue-like (ou horde-survivor – bullet heaven) développé par Games Farm et ARTillery, et édité par Grindstone. Il est maintenant sorti sur PlayStation 5 et Xbox Series X/S mais surtout sur Nintendo Switch 2 depuis le 30 juillet 2026 ! C’est sur cette version que j’ai enfin pu le tester et vous donner mon avis !

Test réalisé à l’aide d’une clé numérique envoyée par l’éditeur que nous remercions !

Taper, taper et taper

Soyons honnêtes : Jotunnslayer ne raconte pratiquement rien. On choisit un héros (deux personnages sont disponibles au début) avant de partir dans l’un des royaumes de Helheim pour massacrer des hordes de créatures et tenter d’atteindre le boss final.

Ce manque de scénario pourrait sembler logique pour un survivor-like, un genre principalement pensé autour de boucles de gameplay rapides et répétitives. Pourtant, les quelques cinématiques présentes dans le jeu laissent entrevoir un potentiel inexploité. 


Dans un genre où la plupart des jeux se contentent déjà d’aligner les vagues d’ennemis, un minimum de contexte aurait pourtant permis à Jotunnslayer de se démarquer.

La base mais rien de plus

Sur le plan du gameplay, Jotunnslayer reprend presque à la lettre les codes du genre. Le personnage attaque automatiquement tandis que l’on se déplace dans une arène, que l’on récupère de l’expérience et que l’on choisit régulièrement de nouvelles compétences.

Au fil des parties, les objectifs varient légèrement : il faut parfois ramasser des champignons, défendre une tour, survivre à une zone particulière ou venir à bout d’une barre de vie. Ces missions évitent de rester constamment immobile une fois une combinaison trop efficace obtenue, mais elles manquent franchement d’originalité. 

L’intérêt principal réside dans la construction du personnage. À chaque montée de niveau, plusieurs améliorations sont proposées, certaines liées au héros sélectionné, d’autres provenant des dieux nordiques. Thor privilégie bien entendu les attaques électriques. Nidhogg invoque plutôt le debuff de la peur, alors que les frères Brok et Sindri ne donnent que des buffs sans compétence propre. D’autres divinités misent davantage sur les dégâts de zone, les lignes d’attaque, les invocations ou les améliorations d’armes.


J’ai essayé toutes les combinaisons possibles, pour éviter de tabler sur les vagues d’AOE qui ravagent tout. Mais même si système fonctionne, il reste assez prévisible. Les pouvoirs proposés sont souvent très similaires d’un dieu à l’autre et les différences entre les combinaisons ne sont pas toujours suffisamment marquées pour renouveler durablement l’expérience.

Un manque cruel de challenge !

C’est probablement sur la difficulté que le jeu m’a probablement le plus déçu.

En mode normal, chaque carte peut être nettoyée dès le premier run, sans avoir besoin d’avoir débloqué de nombreuses améliorations. La progression donne donc rapidement l’impression d’être davantage une formalité qu’une nécessité.

Les modes difficile et démentiel ne m’ont malheureusement pas laissé une impression très différente. Ils demandent bien un peu plus d’attention, mais ne transforment pas suffisamment l’expérience pour rendre les parties réellement palpitantes. Le mode infini apporte une solution pour prolonger les runs, mais il ne suffit pas à compenser le manque de variété des objectifs et des affrontements.

Le farm devient alors essentiellement nécessaire pour débloquer l’intégralité des améliorations, plutôt que pour surmonter un véritable mur de difficulté.


J’aime pourtant farmer pendant des heures lorsque le jeu me donne une bonne raison de le faire. Dans Jotunnslayer, cette motivation s’est malheureusement éteinte assez vite.

L’inégalité sous toutes ses formes

Visuellement, le bilan est tout aussi mitigé. Les illustrations des héros et des divinités sont franchement superbes, mais les environnements ne bénéficient pas du même soin, loin de là. 

À l’exception des deux derniers royaumes, les cartes sont sombres, peu variées et manquent de personnalité. Les effets de compétences ajoutent bien quelques touches de couleur à l’écran, mais l’ensemble reste assez fade, surtout lorsque l’on compare le jeu à des concurrents plus inventifs sur le plan artistique.

Les boss, eux aussi, ne m’ont pas particulièrement marqué. Ils permettent de conclure les niveaux et demandent parfois d’adapter son placement, mais s’ils ne proposent pas d’affrontements mémorables, leur design est tout aussi peu marquant.

Du côté des cosmétiques, le jeu ne propose qu’un seul costume accessible sans passer par les DLC payants. Dommage et en même temps en jeu le rendu des tenues est tellement mauvais que ça ne vaut vraiment pas le coup.

Les bruitages sont monstrueux, une vraie cacophonie de bruits agaçants après un run. Dommage puisque les musiques sont très jolies, un petit air délavé du bon vieux Sacred 2. Un conseil, baissez les effets sonores rapidement au risque d’avoir une sacrée migraine.

Un survivors game de plus

Globalement, Jotunnslayer: Hordes of Hel m’a déçue. Le jeu n’est pas mauvais : sa prise en main est immédiate, les compétences sont nombreuses et certaines combinaisons peuvent offrir de bons moments de puissance. Le ranger fait notamment partie des héros les plus agréables à utiliser, tandis que les sprites des dieux apportent une touche visuelle réussie.


Mais le titre peine à se distinguer dans un genre déjà extrêmement concurrentiel. Ses cartes sont trop fades, ses objectifs manquent d’intérêt, ses boss ne marquent pas les esprits et sa difficulté ne pousse pas suffisamment à perfectionner ses builds. Même pour une expérience pensée comme une simple pause détente, l’ennui arrive trop rapidement.

La version Switch 2 dispose toutefois d’un mode coopératif local à deux joueurs, ce qui peut rendre les sessions plus agréables à plusieurs.  Cela dit, l’absence de coopération en ligne limite forcément l’intérêt de cette fonctionnalité pour les joueurs comme moi, qui souhaitent jouer avec des amis à distance.

Pour

  • Le ranger
  • Les sprites des dieux
  • Beaucoup de compétences 

Contre

  • Objectifs sans intérêt
  • Assez générique finalement
  • Un seul costume sans paywall
  • Vite ennuyeux même pour un roguelike

Test – Jotunnslayer: Hordes of Hel

PampaPoulpe

Scénario/ambiance
Graphisme/Direction artistique
Gameplay
Intérêt

Conclusion

Jotunnslayer: Hordes of Hel possède une base solide, mais il lui manque cette petite étincelle qui donne envie de relancer une partie encore et encore.

Pour une expérience nordique plus convaincante, je vous conseillerais plutôt Nordic Ashes, qui démarre lentement mais devient franchement épique au fil de la progression. Pour jouer en coopération, Extremely Powerful Capybaras ou The Spell Brigade offrent également une proposition plus colorée et plus amusante.

2.5

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