Ce vendredi, c’est le spooky ! Et c’est avec Forgive Me Father ! Un FPS rétro-horreur développé par le studio indépendant polonais Byte Barrel et édité dans sa version complète par Fulqrum Publishing.
Lancé en Early Access sur PC le 26 octobre 2021, il a connu sa sortie officielle en version 1.0 le 7 avril 2022 sur Windows (Steam, GOG, Epic Games Store, etc.), avant d’arriver sur consoles aka Nintendo Switch, PlayStation 4, Xbox One et Xbox Series X|S fin septembre 2023. Pas fan de fps, j’ai pourtant craqué pour sa DA, de quoi faire un petit test au passage.
Test réalisé sur PS5 pro et PS portal via une version numérique achetée pour l’occasion.

Une lettre, un gun et beaucoup de balles !
Dans Forgive Me Father, l’histoire démarre sur une lettre troublante envoyée par Louis. Qui est-ce ? Le cousin du protagoniste, pardi ! Celui-ci évoque des morts mystérieuses et des phénomènes inexplicables dans leur ville natale de Pestisville, un bourg de Nouvelle-Angleterre aux allures de décor lovecraftien.
Que l’on décide d’incarner le prêtre ou la journaliste, on arrive sur place pour retrouver Louis. Mais l’enquête bascule très vite en cauchemar : la ville est infestée de sectateurs, de mutants, de morts-vivants et de créatures des profondeurs. Tandis que le nom de Cthulhu revient comme une malédiction murmurée dans l’ombre.

Concrètement, l’histoire ne prend pas une très grande place dans le jeu. Un petit fil rouge qui se distille goutte par goutte en quelques post-it et photos tout au long des niveaux. Il joue volontiers sur la frontière floue entre réalité et folie, des visions en forme de mini cinématique et une fin ouverte qui laissent planer le doute.
Jusqu’où le protagoniste a-t-il vraiment été manipulé par des forces cosmiques ? Et surtout, quelle part de ce massacre relève de sa propre perte de raison ?



Du chaos maîtrisé !
Forgive Me Father se joue comme un « boomer shooter » super nerveux. Pas de rechargement, pas de couverture, juste du déplacement latéral, du strafe et du tir en continu dans des arènes en 2,5D à la Doom/Quake.
On choisit entre le prêtre et la journaliste, deux personnages qui partagent grosso modo le même arsenal. C’est-à-dire huit armes au total. Mais ils disposent de quatre capacités actives chacun (soin, ralentissement du temps, épée maudite, invulnérabilité temporaire), rechargées via une jauge qui se remplit en tuant des ennemis.


J’ai terminé ma partie en jouant avec la journaliste mais pour du plus « chill » et « sans risque » optez pour le prêtre ! Je l’ai essayé dans le monde « sans fin » pour faire une idée.
Chaque niveau, découpé en cinq « mondes » avec un boss final, est conçu pour encourager l’exploration. Il faut dénicher des clés colorées, des secrets, des munitions, de l’armure et des soins… tout en tombant régulièrement sur des guet-apens de monstres bien décidés à nous liquider.

La progression passe par un système d’expérience et de points de compétence. En montant de niveau, on débloque des améliorations de santé, d’armure, de capacité. Et surtout des branches d’upgrade pour chaque arme, qui permettent soit de renforcer la version de base, soit de la transformer en une variante alternative (par exemple un shotgun plus rapide ou dont les plombs ricochent).

Nous sommes tous un peu fou.
Au cœur du gameplay, la jauge de folie monte à mesure qu’on enchaîne les kills. Plus elle est haute, plus on inflige de dégâts et moins on en subit ! Mais, parce qu’il y en a toujours un, l’image devient grisâtre, les sons se déforment et la lisibilité de l’environnement se dégrade, ce qui rend la navigation plus délicate.
Cette mécanique, typiquement lovecraftienne dans l’esprit, rend le moment aussi grisant que compliqué. Un dilemme se pose : rester assez longtemps dans la mêlée pour devenir surpuissant, ou redescendre en lucidité pour mieux voir les pièges, les secrets et les ennemis embusqués ?

Parfois après un game over, il se peut que les clés que vous avez sur vous réapparaissent sur la map. Et les ennemis avec. Ça peut être assez intéressant pour l’exp mais ça l’est beaucoup moins quand votre barre de vie est réduite et vos munitions avec ! En plus de cela, si comme moi vous avez un sens de l’orientation de déplorable retrouver items et ennemis va parfois vous perdre encore plus.
New game + et endless mode
Je ne vous présente pas le mode infini où des vagues d’ennemis vont venir s’en prendre à notre vie indéfiniment. C’est fun, c’est bien fait et c’est vachement difficile aussi !



En revanche, la « nouvelle partie + » a des particularités très sympathiques qui équivalent à des codes de triches pour ceux qui veulent prendre leur revanche, faire quelques tests de combo. En gros, on peut absolument tous personnaliser !
Des PV des ennemis aux compétences du personnage indépendamment de notre choix initial ! On peut devenir friable comme de la craie avec une mort définitive ou devenir invincible à tout (sauf aux chutes) ! C’est un peu la récompense de notre dur labeur. Parce que bon, j’ai trouvé le jeu assez corsé quand même.

Du 3D et de la 2D déjantées
Forgive Me Father c’est d’abord une direction artistique qui frappe avec son côté « comics interactif ». Un monde en 3D peuplé de sprites 2D dessinés à la main, avec des couleurs saturées, des contours noirs épais et des effets de sang qui donnent l’impression de se déplacer dans les pages d’un graphic novel gore.


Cette esthétique, couplée à des environnements soignés (ruines, églises, marais, usines, etc.), installe une ambiance lovecraftienne, gothique, oppressante mais surtout vivante. Le tout donnant un superbe tableau animé.
Le bestiaire, particulièrement bien fourni, renforce cette impression : des civils possédés aux cultistes fanatiques, en passant par des goules. Des hybrides tentaculaires et des abominations cosmiques ! Chaque type d’ennemi a son design distinctif et sa façon de perturber le combat. (Prenez garde aux ennemis verts ! Mais pire encore, aux sages jaunes !!)

Côté son, le jeu ne fait pas dans la demi-mesure : une bande-son metal énergique, composée par Tim Fialka, mêle riffs de guitare électrique, batteries lourdes et touches orchestrales/électroniques, créant un contraste saisissant avec l’horreur cosmique et rappelant les BO des vieux FPS. En exploration, l’ambiance bascule vers des airs plus sombres, synthétiques et angoissantes, tandis que le sound design (gémissements, bruits de pas, cris déformés, grognements inhumains) travaille finement la tension et la peur.
Personnellement, j’ai adoré cette alchimie entre un style visuel, un bestiaire riche et inventif et une identité sonore qui donne envie de lancer le jeu juste pour écouter la musique tout en éclatant du monstre. (Merci le mode infini !)


Du pur fun sans concession
Ce n’est pas souvent que je peux donner mon avis sur un FPS et qu’en prime celui-ci soit bon, et pourtant le verdict est tombé. Forgive Me Father attendait depuis longtemps dans mon backlog certes, mais je l’ai adoré !
L’ambiance complètement folle, la beauté des décors, la nervosité des combats. Si le jeu peut avoir quelques petits bugs sur PS5, cela n’entache en rien le délice d’un jeu fait avec passion et dont tous les aspects sont peaufinés pour que chaque joueur y prenne plaisir.

Pour
- Du fun du début à la fin
- L’arbre des compétences
- La DA franchement magnifique
Contre
- Pas très optimisé sur PS5 Pro
- Peut paraître un tantinet difficile parfois
Test – Forgive Me Father
Conclusion
Énorme coup de cœur dans un paysage vidéoludique surchargé, Forgive Me Father est un pur défouloir psychédélique. Fun et bourrin, j’espère y retrouver les mêmes sensations avec le second !
