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Test – POMBERO: The Lord of the Night

Temps de lecture : 6 minutes

J’adore ratisser les stores à la recherche de jeux un peu bizarres, de ces petites curiosités horrifiques qui donnent l’impression d’avoir été trouvées tout au fond d’un rayon poussiéreux. Mais pour ce Spooky Friday, c’est notre autre testeur Green qui s’est chargé de me dégoter celui-ci !

Développé par le studio paraguayen Inside Studios, POMBERO: The Lord of the Night est un jeu d’horreur psychologique en vue subjective. Sorti à l’origine sur PC en 2020 avant d’arriver sur nos consoles en 2023, le titre propose une expérience que j’ai trouvée… vraiment singulière.

Alors, le Pombero mérite-t-il vraiment son titre de Seigneur de la Nuit, ou risque-t-il de finir enfermé dans le placard des curiosités oubliées ? C’est ce que nous allons découvrir !

Test réalisé sur PS5 Pro via une version dématérialisée du jeu achetée sur le PlayStation Store.

Un héritage qui ne sent pas la rose.

Tout commence avec Albert Hertz, un journaliste qui revient au Paraguay après la mort de sa mère. Jusque-là, on pourrait croire à un retour au pays un peu triste, avec de vieux cartons à trier, une maison familiale à vider et peut-être une ou deux photos embarrassantes retrouvées au fond d’un tiroir. Sauf qu’ici, l’héritage ne se limite pas à de la vaisselle ancienne et à un fauteuil qui grince.

Albert découvre des documents troublants, une propriété isolée et un passé familial qui semble avoir sérieusement fricoté avec le surnaturel. En cherchant à comprendre ce qui est réellement arrivé à sa mère, notre reporter met les pieds dans une affaire où les réponses se cachent dans l’obscurité… et où l’obscurité semble avoir décidé de lui courir après.

Le titre s’appuie alors sur la légende du Pombero, une créature emblématique du folklore guaraní, aussi appelée le « Seigneur de la Nuit ». Un esprit à la fois protecteur, farceur et franchement peu rassurant, surtout lorsque l’on se retrouve seul au milieu de nulle part avec un briquet pour unique compagnon de route.

Entre secrets de famille, manifestations paranormales et lieux abandonnés où l’on préférerait clairement ne jamais entendre un bruit derrière soi, POMBERO: The Lord of the Night passé rapidement d’une enquête personnelle a une véritable randonnée cauchemardesque.

Concrètement, c’est quand même parfois un peu difficile à suivre. On court partout avec un pauvre briquet et un appareil photo qui nous montre des choses une fois sur dix. Avant se fait traquer par le Pombero lui-même avant d’atterrir dans un manoir hanté par des expériences nazies… On s’étonne, on se questionne. Qu’est ce que tout cela a avoir avec la mort de madame Hertz ? Finalement on finit surtout par accepter que le jeu soit franchement bizarre du début à la fin.

Un gameplay qui manque de mordant :

Manette en main, POMBERO: The Lord of the Night est avant tout comme un jeu d’horreur psychologique en vue subjective, très proche du walking simulator à l’ancienne. On avance, on fouille, on lit des notes et l’on résout quelques énigmes avec les maigres indices laissés à notre disposition.

Rien de révolutionnaire, mais le titre tente de se distinguer grâce à son appareil photo et à sa caméra. Ces deux outils ne servent pas seulement à faire de jolis souvenirs de vacances dans des couloirs moisis : ils permettent d’observer l’environnement sous un autre angle, de révéler certains éléments et, surtout, d’affronter des présences qui ne demandent qu’à nous rappeler que le flash est rarement apprécié par les monstres nocturnes.

Le souci, c’est que cette mécanique est clairement sous-exploitée. À la manière d’un Fatal Frame, on peut détruire un fantôme, effrayer vaguement le Pombero et révéler deux ou trois indices. Mais cela ne va pas beaucoup plus loin. Personnellement, j’ai surtout fini par spammer le flash de l’appareil photo afin d’illuminer mon chemin, ce qui n’était probablement pas l’utilisation la plus élégante de mon matériel de journaliste.

 


Les commandes n’aident malheureusement pas toujours à profiter de ces bonnes idées. Le curseur peut se montrer particulièrement récalcitrant, surtout lorsqu’il faut sélectionner rapidement un objet, consulter l’inventaire ou interagir avec un élément du décor. Rien de plus angoissant que d’entendre une créature approcher et de voir son curseur décider de partir faire une balade de l’autre côté de l’écran.

Le jeu propose également une touche de saut, mais celle-ci semble avoir été ajoutée pour la forme. Albert peut sautiller sur place, mais n’espérez pas franchir une caisse, un petit obstacle ou contourner plus facilement un élément du décor.

Assez court pour être bugué

Le jeu est découpé en trois chapitres assez courts, à condition de ne pas tourner en rond pendant plusieurs minutes en cherchant quoi faire. Il faudra par exemple éloigner des abeilles pour leur voler du miel, parce que visiblement, enquêter sur la mort de sa mère ne suffisait pas : Albert devait également se reconvertir dans l’apiculture clandestine.


Il y aura aussi des séquences de traque. Enfin… potentiellement. Pourquoi « potentiellement » ? Tout simplement parce que le jeu est vraiment bugué. Il suffit parfois d’un obstacle entre la créature et notre héros pour mettre un terme à la rencontre. Ce qui est peut-être une bonne chose, puisque, bien qu’il soit normalement effrayé par la lumière, le Pombero par exemple peut nous poursuivre durant tout le chapitre 2 et grignoter notre barre de vie jusqu’à ce que mort s’ensuive. Et une fois sur deux, les checkpoints nous laissent également un peu idiots : en cas de décès, il faut parfois recommencer une portion bien trop longue.

Il va faire tout noir !

Parce que oui, le problème, c’est que le jeu adore nous expédier dans une obscurité presque totale. Le briquet sert alors de bouée de sauvetage, mais sa lumière reste très limitée. Suffisamment forte pour apercevoir un mur à deux mètres. Mais pas toujours assez pour savoir si quelque chose se cache juste derrière.

Cette pénombre contribue indéniablement à l’ambiance. Entre espaces confinés, hôpital dérangeant, appartement lugubre. Mais aussi ampagne plus ouverte et demeure finale POMBERO arrive régulièrement à installer une vraie tension. Même en poussant la luminosité au maximum, certains passages restent toutefois très sombres. Et lorsque la barre de vie tombe à zéro, c’est carrément injouable. Autant essayer de résoudre une enquête paranormale les yeux fermés.

Globalement, le jeu reste plutôt agréable à parcourir. Si le début laisse un peu dubitatif, avec son petit appartement banal et ses textures assez moches, la réalisation s’améliore réellement par la suite. Les décors deviennent plus variés, plus inquiétants, et certains lieux savent installer une ambiance malsaine assez efficace !

Étonnamment, l’ambiance sonore est franchement convaincante. Le son de la pluie, de l’orage. Ou encore de nos pas dans la terre durant le second chapitre est particulièrement réaliste et participe énormément à l’immersion. Dommage que les plaintes de la créature soient parfois si risibles qu’elles cassent le peu la tension installée.

Pauvre Albert quand même.

POMBERO: The Lord of the Night est une expérience d’horreur étrange, imparfaite et souvent maladroite, mais pas totalement dénuée d’intérêt. Son folklore paraguayen, son ambiance sonore et certains décors parviennent à créer une identité que l’on ne croise pas tous les jours dans le genre. En revanche, son gameplay sous-exploité, ses bugs, ses checkpoints frustrants et sa gestion parfois absurde de l’obscurité empêchent le titre d’aller au bout de ses bonnes idées.

Il faut également préciser que POMBERO: The Lord of the Night ne propose pas de traduction française. Les voix et les textes restent donc en anglais. Ce qui n’est pas bloquant pour les joueurs à l’aise avec la langue de Shakespeare. En revanche, cela risque de compliquer sérieusement les choses pour les personnes moins familières avec l’anglais. D’autant que le récit est déjà assez tordu dans sa construction.

Comptez 3 heures pour finir cette curieuse aventure. Cela va dépendre en grande partie des bugs. Et de votre capacité à trouver des items qui semblent faire partie du décor.

Pour

  • L’ambiance après le chapitre 1
  • Le délire du scénario

Contre

  • Le prix console (12,99€)
  • Des bugs un peu partout 
  • Pas de traduction

Test – POMBERO: The Lord of the Night

PampaPoulpe

Scénario/ambiance
Graphisme/Direction artistique
Gameplay
Intérêt

Conclusion

Si le début du jeu m’a fait rouler des yeux en soupirant, j’ai fini par apprécier cette étrange expérience. C’est bizarre, désordonné et suffisamment malsain pour se distinguer, ne serait-ce que par son caractère inqualifiable. Je ne le recommande pas à moins d’être adepte de ce genre de délire ! Mais ce fut… amusant. À sa façon. 

2.6