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Test – Beast of Reincarnation : Game Freak abandonne les Pokémon… Ou presque !

  • Daddy 
Temps de lecture : 5 minutes

An 4 026, 2 000 ans après notre ère, la planète est ravagée par un mystérieux fléau végétal qui transforme les animaux en monstres sanguinaires et pousse les humains à évoluer. Ceux qui sont contaminés voient leurs âmes enfermées pour des centaines d’années dans des corps métalliques appelés « golems ». les autres qui n‘ont pas cette chance y succombent.

Mais certains arrivent à vivre avec ce fléau en leur corps et, bien qu’ils soient rejetés par les humais et les golems, sont utilisés comme soldats anti-Nushi. Ces Nushi sont les animaux qui ont été évolués par le fléau et attaquent tout ce qui bouge.

Et je n’utilise pas le mot « évoluer » par hasard, car Beast of Reincarnation a été développé par Game Freak, le créateur de Pokémon, et même si le jeu n’a rien à voir avec les bestioles de poche, certains monstres du bestiaire ont une inspiration certaine.

Emma et Koo, seuls contre tous

L’histoire suit Emma, une jeune femme paria et partiellement infectée par le fléau. Ce dernier lui confère des capacités spéciales, et Koo, un chien loup rejeté et lui aussi contaminé.

Ensemble, ils voyagent de zone en zone pour traquer et vaincre de puissantes les Nushi, récupérer leurs pouvoirs et briser le cycle de ruine en éliminant la Bête de la réincarnation.

Beast of Reincarnation est composé d’une succession de grandes zones semi-ouvertes très verticales. La boucle de gameplay principale consiste à explorer, collecter des ressources, parler à des golems pour cartographier les secrets, et accomplir quelques objectifs afin de débusquer et traquer la bête contaminée de la zone.

En plus de son katana, Emma utilise des armes à distance dotées de munitions élémentaires (feu, foudre, poison, acide). Les monstres ayant des faiblesses élémentaires, il est donc crucial de correctement s’équiper afin d’abréger les combats de boss.

Dispersés dans l’environnement, les feux de camp servent de points de sauvegarde et de repos. C’est là qu’il est possible de dépenser nos points d’expérience dans un arbre de compétences partagé pour débloquer de nouveaux combos ou améliorer les statistiques d’Emma et Koo.

Bien que Beast of Reincarnation soit considéré comme un jeu exigeant, la mort n’entraîne aucune pénalité. Nous ne perdons pas d’ambre (l’argent du jeu) ni d’armes, ce qui rend l’aventure moins frustrante et plus accessible. De plus, les quelques modes de difficulté disponibles permettent d’aider les joueurs les moins aguerris, notamment sur le timing des parades qui sont au cœur du gameplay.

Un gameplay exigeant, mais pas trop

Les combats reposent essentiellement sur le duo formé par Emma, qui attaque principalement au corps à corps, et Koo en soutien tactique.

Comme dit plus haut, les parades sont au cœur du gameplay. En effet, c’est la mécanique de jeu la plus indispensable et la réussir annule les dégâts, permet de riposter immédiatement, et surtout, elle remplit deux jauges essentielles :

  • La jauge FP (Fluorescence Points) de Koo : Une fois pleine, elle déclenche les « Bloom Arts ». L’action se fige alors dans un mode au ralenti, qui fait penser à du tour par tour, afin d’ordonner à Koo de lancer des capacités spéciales dévastatrices ou des altérations d’état.
  • La jauge d’Enchevêtrement d’Emma : Elle alimente ses attaques de lame spéciales et ses compétences de boss. Mais cette jauge se vide si nous bloquons simplement sans parer au bon moment, nous laissant vulnérables à un étourdissement.

Emma dispose d’un enchaînement de base à 4 coups. Il est possible d’annuler n’importe quel combo à tout moment pour nous mettre en garde. Les ennemis possèdent une jauge de PV et une jauge d’étourdissement. Remplir cette dernière par des parades ou des Bloom Arts de Koo permet d’effectuer un coup de grâce instantané bien pratique dans certaines situations délicates.

Lorsque les ennemis brillent d’un flash rouge, l’attaque ne peut être ni bloquée ni parée. Il faut obligatoirement réaliser une esquive parfaite afin de déclencher une contre-attaque dévastatrice. Mais la rater fera subir encore plus de dégâts.

Bien qu’il ne révolutionne pas le genre, le gameplay des combats au katana associés aux différents pouvoirs d’Emma et Koo est ultra accessible, même pour quelqu’un qui n’arrive jamais à sortir une Fatality dans Mortal Kombat comme moi. Les combos s’enchainent facilement et il y a une certaine satisfaction à voir les ennemis subir les foudres de nos deux compères.

Une histoire prenante, mais une réalisation bancale

La direction artistique de Beast of Reincarnation brille par sa forte personnalité et ses panoramas inspirés d’un Japon post-apocalyptique envahi par la végétation.

Si certains décors se révèlent superbes, d’autres zones souffrent de textures plus imprécises ou de légers soucis d’éclairage en intérieur. De plus, les animations faciales de certains protagonistes ont quelques problèmes de finitions.

Le titre de Game Freak affiche une expérience globalement stable sur Xbox Series X (console sur laquelle le test a été réalisé). J’ai malgré tout relevé quelques pop-ins et des baisses de fluidité lors des charges d’ennemis trop importantes.

L’ambiance générale évoque des œuvres sombres et poétiques, servant habilement le duo formé par l’épéiste Emma et son compagnon le chien Koo. Malheureusement, de trop nombreuses scènes de dialogues viennent couper l’action et donner un faux rythme à l’aventure. Autant les phases de recherche et de combat peuvent être satisfaisantes, autant celles dans le « purificateur nomade » (le véhicule et maison d’Emma) sont d’un ennui mortel.

Pourtant, l’histoire de Beast of Reincarnation est prenante et j’ai eu envie d’aller au bout des 30 heures de jeu (en y allant tranquille) pour en savoir la finalité. Le français étant absent des doublages, j’ai choisi de jouer en japonais, ce qui a rendu mon expérience plus immersive. Mais le soucis de rythme dans sa narration peut tout à fait faire abandonner de nombreux joueurs friands d’action.

Quoi qu’il en soit, Beast of Reincarnation est un jeu sympathique à faire, mais pas à payer au prix fort. Sinon faites comme moi, jouez-y dans le Game Pass tant qu’il y est encore accessible !

Pros

  • Un univers post-appocalyptique convainquant
  • Des combats dynamiques
  • Une histoire prenante
  • Le lien entre Emma et Koo

Cons

  • Des longueurs qui cassent le rythme
  • Des chutes de framerate intempestives lors des combats
  • Durée de vie artificiellement gonflée avec trop de compétences à débloquer et de collectibles à trouver

Beast of Reincarnation

Daddy

Scénario/ambiance
Graphisme/Direction artistique
Gameplay
Intérêt

En résumé

Beast of Reincarnation est un jeu sympathique à faire, mais dont la narration est le principal défaut. Bien que les combats soient dynamiques et la progression dans les niveaux rapide, il souffre de cut-scenes interminables et d’une lenteur mortelle. C’est dommage, car on s’attache vite à Emma, Koo et leurs compagnons de voyage.

3.4