Après nous être régalés sur un remaster franchement sympathique de La Guerre du Nord il y a quelque temps, nous voilà de retour dans l’univers de Tolkien ! Douze ans après sa sortie initiale, La Terre du Milieu : L’Ombre du Mordor nous arrive finalement sur Nintendo Switch 2 ! Porté par Aspyr, ce retour au Mordor est-il aussi agréable que son confrère cité plus haut ?
Test réalisé sur Nintendo Switch 2 à l’aide d’une version numérique envoyée par l’éditeur, que nous remercions.

Tu es un rôdeur, Talion !
L’histoire se déroule entre les événements du Hobbit et ceux du Seigneur des Anneaux. Nous incarnons Talion, un rôdeur du Gondor exécuté avec sa famille par les forces de Sauron. Après avoir vu l’amour de sa vie et son propre fils mourir, notre héros revient d’entre les morts, en quelque sorte, pour assouvir sa vengeance contre la Main Noire de Sauron et démanteler l’armée ennemie de l’intérieur, tout en s’alliant à l’esprit de l’elfe Celebrimbor pour briser la malédiction qui les empêche de rejoindre l’au-delà. Entourloupe ou partenariat providentiel, toutes les ressources sont bonnes à prendre, et notre ami elfique a plus d’un tour dans son sac !


Bon, sincèrement, le scénario reste classique dans sa structure. Il s’agit d’une quête de vengeance linéaire qui ne m’avait déjà pas franchement marqué à l’époque. Si vous êtes fan de l’univers de Tolkien, vous apprécierez les références et la cohérence avec le lore, mais l’intrigue en elle-même n’a rien de fou-fou. Ce qui rend l’aventure mémorable, ce n’est pas tant le fil conducteur que les histoires émergentes générées par le système Nemesis !

Un gameplay qui fait mouche !
C’est ici que L’Ombre du Mordor brille et m’avait impressionnée à l’époque. Le gameplay mélange infiltration, combat au corps à corps inspiré de Batman: Arkham et utilisation d’un arc elfique. Personnellement, je suis une grande fan des arcs dans les jeux, alors j’y ai trouvé mon compte instantanément. Entre ça et les attaques par surprise, il y a de quoi ravir les fans d’infiltration. Talion dispose de plusieurs compétences et arbres de progression. Tuer, sauver des esclaves, remplir des missions nous donnent de l’expérience comme un rpg standard et nous laissent simplement libres de dilapider nos précieux points ici et là.


Le jeu récompense l’approche tactique : observer les camps, interroger des orcs, identifier les faiblesses des capitaines et exploiter leurs rivalités… C’est vraiment un système intelligent ! Mais vous pouvez aussi y aller en mode bourrin. C’est risqué mais ça reste jouable.
Le vrai joyau, c’est le système Nemesis. Chaque capitaine orc a sa personnalité, ses forces, ses faiblesses et sa mémoire. Si vous tuez un capitaine, un autre prend sa place. Si vous mourez face à lui, il est promu et se souvient de vous. Ce système crée des situations uniques, drôles et parfois épiques, et donne une véritable vie à l’armée de Sauron.
Addictif mais :
Une fois Talion bien amélioré, la difficulté s’estompe un peu (beaucoup) ! Le héros devient une véritable machine de guerre et certains combats perdent en tension. Mais la variété des approches (furtivité, combat frontal, utilisation des pouvoirs de Celebrimbor) et la richesse du système Nemesis compensent largement ce petit bémol. Et bon, tabasser des orcs en masse, quel que soit le niveau, c’est toujours jouissif !


Il faut toutefois reconnaître que cette formule finit par montrer ses limites. Même si j’ai pris énormément de plaisir à jouer, l’aventure devient assez redondante sur la durée. L’open world manque de variété dans ses environnements et ses activités, tandis que le gameplay reste relativement figé : on retrouve souvent les mêmes situations et les mêmes affrontements, sans que les mécaniques évoluent véritablement au fil de la progression. Le système Nemesis parvient à renouveler certaines rencontres, mais il ne suffit pas toujours à masquer la répétitivité de l’ensemble.


À l’ombre du Mordor
L’ambiance du Mordor est réussie : paysages désolés, forteresses imposantes, cycles jour/nuit et effets météorologiques contribuent à une immersion solide. J’adore jouer sous la pluie, en pleine nuit. Pour l’époque c’était franchement bien fichue. La direction artistique a bien vieilli, même si les environnements peuvent paraître répétitifs (rochers, ruines, boue, désert).
La bande-son, bien que différente de celle des films, reste épique et accompagne parfaitement les phases de combat et d’exploration. La VF est de très bonne facture, avec certaines voix issues des films !


Un portage qui manque d’ambition
Sur le papier, la Nintendo Switch 2 était l’occasion idéale d’offrir un petit lifting à ce classique de 2014. Dans les faits, Aspyr se contente d’un portage plutôt conservateur, qui permet certes de profiter de l’aventure dans de bonnes conditions, mais ne tire pas vraiment parti des capacités de la nouvelle console. Le jeu tourne à 30 images par seconde, sans option permettant de privilégier les performances, et si la fluidité reste globalement satisfaisante, même lorsque les orcs nous tombent dessus par dizaines, on aurait apprécié de pouvoir profiter d’une expérience plus fluide, notamment lors des combats où la caméra est constamment sollicitée.
Visuellement, mon constat est tout aussi mitigé : les textures, les éclairages et les environnements n’ont pas bénéficié d’un véritable travail de modernisation, et le poids des années commence à se faire sentir. En mode portable, je trouve néanmoins le résultat agréable, le format de la console se prêtant particulièrement bien aux petites sessions d’exploration ou aux affrontements improvisés contre les capitaines de Sauron. Sur grand écran, en revanche, les limites techniques risquent davantage de se faire remarquer, même si la direction artistique conserve suffisamment de charme pour nous plonger dans les terres du Mordor.
Côté nouveautés, il faudra essentiellement compter sur la visée gyroscopique à l’arc, un ajout appréciable qui permet d’affiner ses tirs, mais qui reste bien maigre pour une version dédiée à la Switch 2.
Enfin, j’ai aussi rencontré un problème assez gênant avec le volume des dialogues, qui me semble particulièrement bas au point de devoir tendre l’oreille pour apprécier certaines conversations avec ou sans écouteurs.

Un bond dans le passé :
Est ce que La Terre du Milieu : L’Ombre du Mordor est un bon jeu ? Plutôt oui ! Mais ce n’est pas vraiment le sujet de ce test. Au bout du compte, ce portage fait le travail et permet de redécouvrir un excellent jeu dans un format nomade, mais il donne surtout l’impression qu’Aspyr s’est contenté du strict nécessaire. Sans véritable amélioration graphique ni option technique supplémentaire, on reste face au même jeu qu’en 2014, simplement devenu transportable, et c’est un peu dommage au regard du potentiel de la console.

Pour
- Un gameplay efficace et varié dans ses approches.
- Un système Nemesis toujours aussi addictif.
- Des performances stables en mode portable.
- L’édition GOTY complète, avec toutes les extensions.
Contre
- Un portage minimaliste, sans amélioration visuelle.
- Des problèmes de volume sonore dans les dialogues.
- Des environnements répétitifs qui accusent leur âge.
- Un open world peu varié et un gameplay qui manque d’évolution sur la durée.
Test – La Terre du Milieu : L’Ombre du Mordor (Nintendo Switch 2)
Conclusion
En définitive, La Terre du Milieu : L’Ombre du Mordor reste un jeu que je prends énormément de plaisir à parcourir, notamment grâce à son système Nemesis toujours aussi savoureux et à ses combats particulièrement jouissifs. Malgré une aventure assez redondante et un portage Switch 2 qui manque cruellement d’ambition, le charme opère encore. Une bonne occasion de découvrir ou de redécouvrir cette aventure en mode portable, à condition de ne pas en attendre une véritable version remastérisée !
