Resident Evil 3 arrive enfin en natif sur une console Nintendo ! Après une version cloud sur Switch première du nom, Capcom ramène le remake de 2020 sur Switch 2 aux côtés de Resident Evil 2 et Resident Evil 4 ! Capcom régale pour ce spooky mois d’octobre avec une sortie le 16 octobre 2026 en dématérialisé, et 29 janvier 2027 en physique !
Test réalisé sur Nintendo Switch 2 en mode portable à l’aide d’une clé numérique envoyée par l’éditeur.

Un scénario condensé, mais toujours efficace.
Est-ce nécessaire de présenter le jeu ? Bien entendu, surtout depuis que nos amis de chez Capcom semblent avoir oublié notre héroïne dans ses sous-sols. Ainsi donc, ici, nous incarnons Jill Valentine, rescapée du manoir Spencer et de l’incident de Raccoon City.
Alors que l’épidémie transforme la ville en enfer biologique, elle tente de fuir avant l’arrivée de l’armée. À ses côtés : Carlos Oliveira et les membres de l’UBCS, une unité envoyée en apparence pour secourir les civils… mais dont la véritable mission est bien plus sombre. Le tout saupoudré par le grand méchant Nemesis, une arme biologique imposante lancée aux trousses de Jill !


Le remake reprend les grandes lignes du Resident Evil 3: Nemesis de 1999, tout en modernisant le rythme et la mise en scène. Le problème, déjà soulevé à l’époque de sa sortie sur PS4, demeure : c’est un jeu très court, et plusieurs zones emblématiques du jeu original ont disparu ou ont été réduites à de simples passages. L’aventure perd un peu de son souffle d’enquête et de survie pour devenir une course effrénée mais moins mémorable avec un Némésis bien moins tenace que par le passé.
Un gameplay nerveux, taillé pour l’action !
Côté gameplay, Resident Evil 3 est plus direct que Resident Evil 2 ! Nôtre Lara Croft de Raccoon se déplace vite, esquive, tire avec précision et peut fabriquer des munitions à partir de poudres récoltées dans les décors. Le système d’esquive parfaite reste particulièrement satisfaisant : bien chronométrée, elle permet d’éviter une attaque et de gagner un précieux instant pour contre-attaquer.

Les énigmes, elles, sont assez légères. Il y a quelques mécanismes d’exploration et de gestion d’objets, mais rien d’aussi marquant que les enquêtes du commissariat de Resident Evil 2. Je trouve personnellement ça assez plaisant.
Mais peut être pas sur Nintendo Switch 2.
Sur Switch 2, cette base reste intacte. Le jeu se contrôle toujours bien dans l’ensemble, et l’architecture des niveaux conserve son efficacité. Mais deux éléments viennent sérieusement entacher l’expérience : la visée en mode portable et les QTE de prise.
La visée à l’écran de la console est désagréable. Entre la taille réduite de l’affichage, la sensibilité des sticks et une impression générale de manque de finesse, c’est bien moins agréable.

Pire encore : certains QTE de prise semblent bugués. Lorsqu’un zombie nous attrape, il n’y a pas de fenêtre de réaction donc c’est impossible à valider correctement. En difficulté Difficile, cela transforme certains passages en loterie. Moi ça m’a fait assez rire mais je doute que ce soit le cas des joueurs en général.
Une ambiance toujours efficace, mais visuellement ternie.
Raccoon City brûle, hurle et s’effondre autour de Jill et de Carlos. Les rues sont remplies de carcasses de voitures, de barricades, de corps et de créatures plus ou moins mutées. Les musiques discrètes, les bruitages étouffés et les cris au loin participent à ce retour à la maison.
Nemesis bénéficie toujours d’une présence sonore redoutable. Son rugissement, ses pas lourds et ses apparitions soudaines fonctionnent remarquablement bien, même sur une console portable. C’est sans doute l’élément qui vieillit le moins.
La puissance NS2 sous exploitée ?
Hélas, la version Switch 2 ne rend pas justice à la direction artistique du jeu. L’image semble plongée dans un filtre fade, qui atténue les contrastes et écrase une partie de l’identité visuelle de Raccoon City.
La distance d’affichage n’est pas folle non plus. Les éléments lointains manquent de netteté, les décors se brouillent rapidement et certains environnements perdent leur profondeur. Ce n’est pas rédhibitoire en mouvement, mais cela se ressent dès que l’on s’arrête pour observer un peu l’extérieur. Heureusement le jeu se passe généralement dans des coins assez reculés.


Les personnages souffrent également de choix techniques discutables. Les visages de Jill, Carlos et d’autres protagonistes paraissent parfois figés, voire franchement peu flatteurs. Les expressions manquent de subtilité, et certaines scènes censées être émotionnelles perdent de leur impact à cause de cette rigidité faciale. Les cinématiques sont vraiment jolies par contre.


Les cheveux sont un autre point faible : ils peuvent apparaître atrocement pixelisés selon les angles et les éclairages. Ajoutez à cela des bugs de textures qui apparaissent puis disparaissent, ainsi que quelques problèmes de clipping, et l’ensemble donne une impression de portage visuellement instable.



Ce n’est pas un jeu cassé, loin de là. L’animation reste globalement fluide, la mise en scène fonctionne et l’ambiance sonore sauve beaucoup de situations.


Une version portable séduisante sur le principe, décevante en pratique.
L’argument principal de cette sortie est évidemment le jeu en mobilité. Pouvoir emporter Resident Evil 3 partout, sans cloud, sans streaming et sans dépendre du Wi-Fi, c’est un vrai progrès par rapport à la version Switch originale.
Mais le mode portable révèle aussi les limites du portage. Entre la visée peu précise, le rendu fade et les défauts graphiques plus visibles sur petit écran, l’expérience idéale du jeu de survie nomade perd de son attrait. On a envie d’y jouer en déplacement, puis on finit par préférer brancher la console sur un écran.
Si le jeu conserve l’essentiel de ses qualités, cette adaptation Switch 2 donne l’impression d’un portage pressé : un rendu visuel terni, des textures instables, une visée peu confortable en portable et des QTE franchement problématiques. Le résultat reste jouable, parfois même très bon mais loin de ce que j’attendais sur une Nintendo Switch 2.

Pour
- Idéal pour découvrir le jeu en déplacement
- Version native, sans dépendance au cloud
- Gameplay nerveux et satisfaisant
- Une ambiance sonore toujours excellente
Contre
- Distance d’affichage insuffisante
- QTE de prise bugués, particulièrement pénibles en Difficile
- Cheveux pixelisés, textures instables et clipping
- Rendu fade qui écrase la direction artistique
Test – Resident Evil 3 Remake sur Nintendo Switch 2
Conclusion
Resident Evil 3 Remake reste un bon survival horror nerveux, porté par une ambiance sonore excellente, un Nemesis effrayant et un rythme haletant. Mais cette version Switch 2 est une déception visuelle et technique : filtre fade, distance d’affichage limitée, visages figés, cheveux pixelisés, textures buggées, clipping et QTE de prise défaillants.
Si vous n’avez jamais joué au jeu, il reste une aventure courte mais intense, parfaite pour Halloween. Si vous l’avez déjà terminé sur PS4, PS5, Xbox ou PC, cette version ne justifie probablement pas un nouvel achat, sauf si le jeu portable est votre priorité absolue.
