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Avis comics – L’homme invisible – Origin Story

Temps de lecture : 4 minutes
Disponible le 16 octobre 2026 chez Urban Comics,  L’homme Invisible se présente comme une origin story de l’un des plus célèbres Universal Monster. Personnage issu du roman de H.G Whells, il est ensuite adapté sur grand écran par James Whale en 1933.  James Tynion IV parvient il à nous expliquer ce qui a rendu ce personne si psychotique ? La réponse dans cet avis sur L’homme invisible.
« Avis réalisé à l’aide d’un exemplaire fourni par l’éditeur que nous remercions. »

Résumé

Jack Griffin a toujours eu l’impression d’être invisible aux yeux de son entourage… mais lorsqu’une expérience scientifique révolutionnaire lui offre vraiment la possibilité de concrétiser son rêve d’invisibilité, personne, pas même la femme qu’il aime, ne pourra se mettre en travers de son chemin. Assistez à la descente légendaire de Griffin dans la folie, tandis que son humanité s’efface peu à peu et que le monstre qui sommeille en lui se révèle, ne laissant place qu’à… l’Homme Invisible !

Résumé éditeur

L’homme invisible : Avis & Critique

Revenir aux origines

Lorsque j’ai appris que James Tynion IV s’occuperait de L’homme invisible pour la collection Universal Monsters, c’est avec une certaine impatience que j’ai attendu de parcourir ses pages pour vous en faire la chronique. Il faut dire que l’auteur a le chic pour manier l’horreur psychologique et dépeindre de véritables psychopathes. Je repense encore à son effrayant Derrière la porte et son incroyable relecture de Dracula, l’un des Universal Monsters de l’année dernière.
Cette fois-ci, il nous propose une préquelle à l’histoire de Jack Griffin, que l’on surnommera plus tard L’homme invisible. Une manière originale d’aborder le personnage, puisqu’elle nous dévoile sa lente transformation en monstre. Tout d’abord laborantin, il va peu à peu se laisser consumer par l’ambition et ses recherches sur une substance capable de rendre plus intelligent et invisible : la monocaïne. Il commet de fait le péché d’hubris, le même qui conduira Frankenstein à la création de sa créature ainsi qu’à sa propre perte.

Victime de ses pouvoirs ?

Cependant, loin de nous dresser le simple portrait d’un savant fou, James Tynion IV va nous permettre d’entrer dans sa tête. L’auteur choisit en effet de faire de Griffin le narrateur, nous permettant ainsi d’accéder à ses pensées, à ses doutes et à la manière dont il justifie ses actes. On assiste alors à la lente décomposition de son âme et au cheminement mental qui le conduira à devenir L’homme invisible. Plus encore, l’auteur matérialise ses pulsions sous forme de saynètes et nous montre quelle alternative meurtrière il choisirait s’il était invisible.
Cela nous permet ainsi de constater que ce n’est pas tant la manipulation de produits dangereux, même si le doute persiste, que l’acquisition de son pouvoir qui l’a conduit sur le chemin de la violence. Au contraire, ce pouvoir l’a simplement libéré de ses chaînes et des répercussions morales de ses actes. Ce n’est pas sans rappeler les enseignements de Platon liés à l’anneau de Gygès. Ainsi, Griffin ne devient pas un monstre parce qu’il est invisible. Il devient un monstre parce qu’il peut enfin donner libre cours à ce qu’il était déjà.

Mais pourquoi nous fait-il peur ?

L’horreur se matérialise sous plusieurs formes dans L’homme invisibile. Tout d’abord psychologique au travers de Griffin et sa lente transformation en savant fou. Dépourvu de limites, il considère les autres comme un moyen d’assouvir son ambition (sujet d’expérimentation pour son assistant, dot pour sa fiancée). Suit le body horror avec les assassinats sanguinolents qu’il imagine et l’horrible transformation de ses cobayes en êtres invisibles. Mais surtout, ce qui finit par nous glacer le sang, c’est ce monstre impossible à voir, dépourvu de limites morales, qui rôde et dont on ne peut deviner la présence qu’au moment fatal.
Bien entendu, le tout est supporté par la patte graphique de Dani. Le dessinateur réalise un très beau travail sur les jeux d’ombres et de lumière. L’homme invisible et les créatures qui rôdent la nuit entretiennent un sentiment d’inquiétude tandis que les sombres rictus de Griffin nous glacent le sang.

Le mot de la fin

Avis comics – L’homme invisible – Origin Story

En bref

En bref, Tynion IV et Dani nous livrent une très belle origin story du personnage monstrueux qu’est l’homme invisible. Tout d’abord en explorant sa lente transformation en créature au travers de sa psyché et de ses pulsions. Mais aussi de par son péché d’hubris, la science mise entre les mains d’une personne psychopathique et sans limites nous inquiète tout autant que cette créature invisible qui rôde dans l’ombre. L’ensemble est qui plus est supporté par une belle réalisation qui se joue des ombres et de la lumière pour nous troubler davantage. Le tout en fait un incontournable de ce mois de l’horreur.

Les +

  • L’horreur psychologique maitrisée
  • Une oeuvre qui permet de découvrir le personnage
  • Le choix de la narration
  • Graphiquement intéressant

Les –

  • Le doute, trop légèrement abordé

OursGamer décerne la papate d'or


  • L’homme Invisible ( one shot )
  • 16/10/2026
  • Urban Comics
  • 20€50