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Test – Resident Evil 4 Remake Switch 2 – Nomade mais à quel prix ?

Temps de lecture : 5 minutes
Sorti en 2005 sur PS2, puis un peu plus tard sur Wii, Resident Evil 4 avait fait couler pas mal d’encre pour son orientation plus action. Il marquait de fait une rupture avec la saga initiale. Son remake sorti le 24 mars 2023 tentait d’adoucir ce virage en introduisant une atmosphère plus sombre et oppressante. Une véritable refonte en profondeur que nous accueillons ce vendredi 16 octobre 2026 sur Nintendo Switch 2. Capcom nous offre-t-il enfin une expérience portable solide de la saga ? La réponse dans ce test de Resident Evil 4 Remake sur Nintendo Switch 2.
« Test réalisé à l’aide d’une version numérique fournie par l’éditeur avant la sortie du titre. »

Quel horrible village

Six ans se sont écoulés depuis les événements de Raccoon City. Léon Kennedy, devenu agent spécial du gouvernement américain après un impitoyable entraînement, est envoyé en mission dans un village isolé en Espagne. À la recherche de la fille du président, Ashley Graham, il va rapidement découvrir que les habitants sont infectés par un mystérieux parasite : Las Plagas. Ce dernier permet à la secte Los Iluminados de les contrôler en plus de les rendre incroyablement forts et agressifs. De quoi transformer une simple mission de sauvetage en véritable journée cauchemardesque.
Les grandes lignes du scénario sont restées les mêmes qu’à l’époque. Pourtant, Capcom a effectué un véritable travail de réécriture : certains passages ont été modifiés ou supprimés, tandis que les personnages gagnent en profondeur. Ainsi l’histoire de Luis est bien plus développée et évoque le spectre d’Umbrella, tandis qu’Ashley n’est plus seulement une gamine pénible qu’il faut escorter. La relation qu’elle tisse avec Léon au fil de l’aventure la rend plus humaine. Plus encore, elle apporte de véritables moments d’accalmie dans une aventure sous haute tension. Il en est de même pour les antagonistes que sont Mendez et Salazar qui bénéficient de davantage de contexte.
L’ensemble donne un récit plus dynamique et cohérent, à mi-chemin entre le blockbuster d’action et une aventure ponctuée de moments d’émotion intense. Ayant terminé Resident Evil Requiem récemment j’y ai trouvé des similitudes dans la construction. Il faut bien l’avouer c’est ça qui de mon côté m’a rendu fan de la saga en plus de son gameplay revu et corrigé.

Survival-action-horror

De l’action orientée survie

Le remake ne change globalement pas la formule de Resident Evil 4, on se retrouve ainsi à enchaîner les séquences d’action en environnement clos, tout en résolvant des énigmes en général accessibles. Ces dernières permettent d’avancer dans la zone suivante et, plus globalement, dans le scénario. Le tout avec en tête : la survie, c’est-à-dire économiser ses balles, les objets de soin et éviter de se faire dévorer par d’immondes bestioles. Cependant il améliore de nombreux points.
L’original était définitivement tourné vers l’action et le spectacle avec notamment son lot de QTE. Le remake a profondément modifié le gameplay dont ce système qui laisse place à de véritables affrontements. C’est nettement moins frustrant. Dans le même ordre d’idée le couteau se transforme en véritable outil de survie. Il permet de parer, de réaliser des attaques silencieuses ou d’effectuer des éliminations éclair. Seule ombre au tableau : il s’use avec le temps, peut casser et doit alors être réparé. Il faudra donc l’utiliser à bon escient.
De même, le système de munitions et le stockage ont été revus. Il est désormais possible, en plus de récupérer des munitions, de les fabriquer. Pour cela on utilisera des composants disséminés un peu partout. Ce système renforce la dimension survie du jeu et la tension liée au risque de manquer de munitions ou d’objets de soin. Durant ma partie, en mode normal, j’ai parfois été obligé d’économiser mes balles, jouer du couteau ou simplement de l’arbalète : un vrai régal.

Une escorte en douceur

L’autre grosse nouveauté c’est Ashley. Celle qui autrefois s’apparentait à un véritable boulet est devenue bien plus intéressante à escorter. La barre de vie a laissé place à un système où Ashley trébuche et doit être relevée si elle prend trop de dégâts. Le système d’ordres est conservé, mais affiné. Surtout, l’IA qui contrôle Ashley semble bien plus évoluée qu’autrefois. Je dois dire que cela réduit fortement la frustration et évite de nous sortir de l’action.
Pour le reste, on pourra compter sur des mécaniques modernes déjà vues dans d’autres opus comme la visée en se déplaçant, les missions annexes… On est ainsi loin d’une simple mise à jour graphique. On regrettera cependant que CAPCOM n’ait pas tiré profit du mode souris de la Nintendo Switch 2 pour la visée. C’est d’autant plus étrange qu’il propose une visée gyroscopique, certes peu convaincante mais bien présente. Je dois avouer que cela m’aurait parfois été bénéfique tant la visée avec les sticks des Joy-Con s’est avérée imprécise avant réglage. Un mauvais point pour le mode portable.

L’horreur sur Nintendo Switch 2 ça donne quoi ?

Ca va faire peur… !

Je pense que c’est le moment du test que vous attendiez tous. Globalement Resident Evil 4 Remake offre une expérience de jeu plutôt fluide avec une cible à 60 fps. La fréquence d’image peut diminuer selon l’environnement et le nombre d’ennemis à l’écran. Pourtant, durant mes 15 heures de jeu, je n’ai jamais ressenti de saccades, que ce soit en mode portable ou sur téléviseur. Un bon point pour un jeu qui se veut avant tout orienté action. D’autant plus que cette fois la saga n’utilise plus le cloud sur Nintendo Switch 2. Vous pourrez ainsi l’emporter partout avec vous sans être connecté à Internet.
Côté ambiance, rien à redire, le sound design est excellent, l’écho des pas, les grognements ou les invectives en espagnol vous glaceront le sang. Il faut l’avouer c’est ce qui entretiens le plus la tension. Visuellement parlant, même constat, l’équipe de CAPCOM a su restituer l’ambiance sombre et oppressante du titre sur Nintendo Switch 2.

… graphiquement aussi

Cependant, les choses se compliquent quand on observe le jeu d’un peu plus près. Si sur écran de télévision avec HDR activé les environnements sont oppressants et les jeux de lumière font leur effet. Les textures sont parfois à la peine, et un léger effet de pop-in est également visible, comme si leur qualité s’ajustait à l’angle de caméra. C’est d’autant plus prononcé en mode portable où les graphismes de Resident Evil 4 Remake perdent considérablement en qualité et en visibilité si l’on conserve le HDR. Malgré d’innombrables réglages de luminosité, arrivé au château j’ai dû le désactiver. Le jeu était en effet si sombre que je ne distinguais plus correctement les environnements.
Autre concession, la distance d’affichage réduite. Si dans l’ensemble, cette dernière ne nuit pas à l’expérience globale, elle provoque toutefois un curieux effet : les ennemis éloignés semblent s’animer à une fréquence différente de celle de Léon. Il en est de même pour les visages qui semblent blafards et perdent définitivement en expressivité. Si la technologie DLSS permet effectivement d’obtenir une bonne image sur la Switch 2, elle ne fait pas de miracles. En témoignent les artefacts visibles dans les cheveux, particulièrement prononcés en mode portable.

En conclusion

Test – Resident Evil 4 Remake Switch 2 – Nomade mais à quel prix ?

En bref

Resident Evil 4 Remake Gold Edition sur Nintendo Switch 2 n’est pas un mauvais portage. Il propose les contenus additionnels majeurs. Notamment Separate Ways et le mode Mercenaires, tout en offrant une expérience de jeu fluide et respectueuse de l’ambiance de la série. À 49,99 €, son prix reste raisonnable pour qui privilégie la portabilité. Malgré tout si l’aspect portable n’est pas votre priorité, ou que vous posséder une autre plateforme de jeu next-gen, il m’est difficile de vous conseiller cette version. Le côté nomade de ce portage a en effet un prix et il faut être prêt à accepter ce sacrifice. En ce qui me concerne, j’ai apprécié l’expérience et me laisserais peut-être tenter par les autres opus.

Notation

Scénario / ambiance
Graphisme / Direction artistique
Gameplay
Intérêt

Les +

  • Expérience portable intégrale
  • Expérience de jeu fluide et solide
  • Scénario efficace et entrainant
  • Sound design
  • Les DLCs fournis

Les –

  • Des choix techniques qui impactent le titre
  • HDR du mode portable à revoir
  • Où est le mode souris ?

3,8 sur 5

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