Qui dit curiosité horrifique, dit test pour notre spooky friday du mois ! Vous vous en doutiez, entre survival horror, enquête mystérieuse et exploration en 2D, Silver Pines était fait pour moi ! Développé par Wych Elm Games et édité par Team17, le jeu est disponible sur toutes les plateformes depuis le 8 octobre 2026 ! Mieux vaut tard que jamais, sortons notre carnet de détective !
Test réalisé sur PS5 Pro à l’aide d’une version numérique du jeu envoyée par l’éditeur, que nous remercions.

À noter qu’il n’existe actuellement aucune version physique du jeu.
Un détective perdu dans la tempête.
Dans Silver Pines, nous incarnons un détective privé engagé pour retrouver un certain Eddie, un musicien itinérant présumé coupable de meurtre. Une mission qui semblait pourtant assez simple, comme souvent, mais qui prend rapidement une tournure bien plus inquiétante. Perdu au milieu d’une petite ville balayée par la tempête, notre protagoniste se retrouve plongé dans une enquête où les apparences sont trompeuses. A la manière de notre pauvre James Sunderland perdu dans la brume, où d’Alan Wake égaré dans le noir, Red Walker va devoir affronter des rencontres aux réponses alambiquées qui ne vont pas faire que l’aider à résoudre son enquête…
Notre héros est d’ailleurs particulièrement intéressant. Troublé, mystérieux et loin d’être un simple enquêteur sans histoire, il apporte toute l’épaisseur au récit. On prend plaisir à découvrir sa personnalité au fil des événements. Je n’ai eu aucun mal à m’attacher à lui quand bien même j’ai souvent pesté contre son pas traînant.



Un pari risqué : mixer deux genres différents
Franchement atypique, là où l’on pourrait s’attendre à un survival horror traditionnel, le jeu opte pour une structure en 2D aux accents de metroidvania, assez déconcertant pour moi. Un choix plutôt singulier pour le genre, qui pourrait déstabiliser au premier abord, mais qui fonctionne finalement plutôt bien.
L’exploration se révèle franchement agréable et surtout très fluide. La carte est particulièrement lisible, ce qui facilite grandement les déplacements et permet de garder ses repères au fil de notre progression. On apprécie également la construction des différentes zones, qui encourage à revenir sur nos pas pour découvrir de nouveaux passages, débloquer des raccourcis et accéder à des endroits précédemment inaccessibles. Les outils récupérés au fil de l’aventure transforment progressivement la ville en un petit labyrinthe.


Concrètement, c’est vraiment agréable, mais personnellement je déteste revenir sur mes pas. Ça a tendance à très vite m’agacer. En plus de ça, j’ai un très mauvais sens de l’orientation, alors je vous laisse imaginer le temps que ça peut me prendre.

Rétro mais pas trop !
Avec son inventaire restreint, munitions comptées, ressources à gérer et sauvegardes payantes via les cabines téléphoniques, le genre est parfumé a l’old school à tous les niveaux. Tout cela renforçant d’autant la vulnérabilité du détective qui n’encaisse franchement pas très bien les coups. On hésite avant d’engager un combat, avant de dépenser ses munitions ou avant de s’aventurer trop loin.


Pensez à sauvegarder !
Et évitez de foncer tête baissée avant d’avoir la lampe torche. Je me suis personnellement laissé porter par mon envie d’exploration et, en tâtonnant, j’ai fini par passer par une fenêtre cassée sans même la voir. J’ai été incapable de faire le chemin inverse et ai même pensé à un bug avant de recharger et de revenir avec la fameuse lampe.


Tout cela pour dire que ce parti pris nourrit admirablement l’ambiance unique du jeu, et j’ai adoré. Mais cela pourra frustrer les joueurs habitués à des mécaniques plus modernes et plus accommodantes.
Du corps à corps et des guns !
Le système de combat est, lui, plus contrasté. Le corps-à-corps est propre, efficace et facile à prendre en main, et les affrontements contre les ennemis restent généralement agréables et faciles. En revanche, la visée se montre nettement moins convaincante. Elle manque parfois de précision et peut rendre certains échanges de tirs laborieux. Le rechargement sous forme de QTE est une idée sympathique. Toutefois, lorsque plusieurs ennemis nous mettent la pression, jongler entre le rechargement, la visée, l’esquive et le changement d’armes devient parfois assez compliqué. Ce dernier manque d’ailleurs un peu de fluidité et aurait mérité davantage de soin. Face aux boss, la frustration peut même devenir plus nette : entre une relative lenteur des actions, une visée capricieuse et une gestion simultanée de plusieurs mécaniques, certaines rencontres demandent un peu de patience.

Rien de rédhibitoire pour autant, mais quelques ajustements auraient permis de rendre l’expérience encore plus agréable. Sachez d’ailleurs qu’une option « passer les QTE » est disponible dans les menus. Je ne m’en suis pas servie, mais je suppose que cela ne concerne que les armes.


Silver Pines, la merveilleuse !
Si j’ai un coup de cœur et une patoune d’or à donner à Silver Pines, c’est bien pour son ambiance. Et quelle direction artistique !
Les environnements sont travaillés avec une minutie remarquable, et l’ensemble donne véritablement l’impression d’évoluer dans un univers dessiné à la main. D’ailleurs il est bon de le mentionner mais les personnages et animations sont bien dessinés à la main, image par image. Red Walker seul compte plus de 1 800 frames dessinées individuellement ! Impressionnant n’est ce pas ? Les décors fourmillent de détails, les compositions sont magnifiques et les jeux d’ombres et de lumières viennent sublimer chaque recoin. Malgré la vue de côté, la ville parvient même à dégager une étonnante sensation de profondeur : un bar illuminé au loin, un cinéma abandonné ou une ruelle à peine visible suffisent à donner envie d’explorer.

C’est singulier, c’est soigné. J’adore ! On prend régulièrement le temps d’observer les décors, simplement pour apprécier le travail accompli. Une véritable réussite visuelle qui contribue énormément à l’identité du titre.
Mais l’image ne fait pas tout. Les ambiances sonores jouent elles aussi un rôle essentiel dans notre immersion. Et comment ne pas revenir sur le doublage ? Si les dialogues sont extrêmement bien écrits, les prestations vocales, elles, sont remarquables et apportent énormément de personnalité aux personnages. Elles participent pleinement à cette atmosphère mystérieuse, parfois même envoûtante, qui fait tout le charme de l’aventure.
Difficile, d’ailleurs, de ne pas penser à certaines grandes figures du jeu vidéo horrifique. Comme cité plus haut, on retrouve ici un petit quelque chose d’Alan Wake et de Silent Hill, mais pas seulement dans le héros, dans l’ambiance elle-même. Avec quelques références qui parleront aux amateurs de Resident Evil ou d’X-Files. J’y ai même retrouvé un petit air de Hotel Dusk: Room 215, notamment à travers notre protagoniste, qui possède quelques similitudes avec Kyle Hyde. Ajoutez-y une forte influence de Twin Peaks et de l’univers de David Lynch, et vous obtenez un cocktail plutôt savoureux.


L’indé de mon année :
Silver Pines est une très belle surprise. Avec son approche atypique du survival horror, sa structure en 2D et son exploration aux accents de metroidvania, le titre propose une expérience qui sort des sentiers battus. Certes, quelques défauts viennent ternir le tableau : une visée parfois laborieuse, des changements d’armes perfectibles et certains allers-retours un peu trop longs. J’ai aussi trouvé ça un petit peu long parfois, les écrans noirs à répétion entre chaque tableau. Mais difficile de lui en tenir rigueur face à ses nombreuses qualités. Sa direction artistique absolument magnifique, son doublage bluffant, son écriture soignée, sa gestion de survie old-school et son ambiance sonore particulièrement réussie en font une aventure qui mérite largement le détour.
Une enquête sombre à boucler en une dizaine d’heures, plusieurs fins, une direction artistique remarquable et une atmosphère qui reste en tête. Silver Pines a de très beaux arguments à faire valoir !

Test – Silver Pines – Une enquête sombre au cœur d’un cauchemar humide
Conclusion
Notation
Les +
- La DA incroyable
- Une belle écriture
- Des doublages parfaits
- Le mélange survival + metroidvania
Les –
- Ce maudit casier de Lee
- La visée un peu laborieuse
- Quelques petits bugs sur PS5 Pro
4,6 sur 5
OursGamer décerne la papate d'or
