Temps de lecture : 2 minutesDisponible chez Mangetsu depuis le 7 octobre 2026, Dark Colors de Junji Ito se présente comme un recueil de nouvelles de l’auteur mises en couleur pour l’occasion. La couleur modifie t’elle notre perception de l’horreur selon Junji Ito ? La réponse dans cet avis sur Dark Colors.
« Avis réalisé à l’aide d’un exemplaire envoyé par l’éditeur que nous remercions »
Résumé
Une famille de distillateurs désireux d’utiliser comme moût une Tomie réduite en morceaux, un mystérieux marchand de glaces qui attire ses victimes dans son camion, une gigantesque créature échouée surgie des abysses, un adorable minou qui succombe aux facéties de Soïchi, une étrange femme recluse qui trouble le sommeil de son jeune voisin depuis la fenêtre d’en face… Pour la première fois, les histoires les plus emblématiques du maître de l’horreur prennent vie en couleurs et sortent de la nuit. Entre ombres profondes, teintes oppressantes et visions cauchemardesques, Dark Colors offre une nouvelle lecture de l’imaginaire terrifiant de Junji Ito.
Résumé éditeur
Dark Colors : Avis & Critique
Un mot sur l’ouvrage
Dark Colors n’est pas un nouveau recueil de nouvelles inédites de Junji Ito. Il s’agit plutôt d’une sélection de 9 histoires pour lesquelles la mise en couleur se révélerait potentiellement bénéfique selon l’auteur . On va ainsi découvrir la couleur du fameux breuvage issu des entrailles de Tomie dans Le Moût. Celle des parfums de crèmes glacées dans Le Marchand de glace ou encore ressentir l’intensité des éclairs qui frappent Soishi dans Adorable Minou. Le tout est mis en valeur dans un bel écrin concocté par Mangetsu : un papier Selena épais, ainsi que des pages imprimées sur un fond qui rappellera sans l’ombre d’un doute un grimoire vieilli et sali par le passage du temps.
Couleur, impacte et imagination
L’ensemble crée une nouvelle atmosphère pour la lecture qui contraste fortement avec le format noir et blanc. L’horreur est ainsi plus directe et laisse moins de place à l’imagination. Les jeux d’ombres et de lumière laissant effectivement place à la couleur. On ne s’interroge plus sur la provenance d’une tache, la couleur du ciel, les textures… Le sang est ainsi directement visible et la couleur du breuvage issu de la chair de Tomie dorénavant fixée en est le parfait exemple. Il en est de même pour la texture gluante du chat devenu monstre…
En ce qui me concerne, cette habituelle sensation de malaise grandissant a directement laissé place au dégoût et à l’effroi. Les couleurs ont ainsi changé ma vision de l’horreur selon Junji Ito. De même, si dans l’adaptation d’Adorable Minou (Soishi), j’ai trouvé les éclairs plus percutants et marquants, j’ai été particulièrement déçu par la mise en couleur de ce garnement. Je l’imaginais plus blafard et dégoûtant qu’il ne l’est.
En somme, la mise en couleur dessert parfois le propos, le rend plus impactant dans l’immédiat, mais parfois elle déçoit et nuit au style du maître de l’horreur. Il est en effet connu pour jouer sur l’ambiguïté. La couleur, elle, lève le voile et ne permet plus à notre esprit de s’affoler, de se perdre et d’imaginer mille possibilités plus horribles les unes que les autres.
Le mot de la fin
Avis manga – Dark Colors – Junji Ito sort de l’ombreEn bref
En bref, Dark Colors propose une nouvelle vision des nouvelles de Junji Ito, comme avait pu le faire Histoires étranges. Mais là où cet ouvrage laissait davantage de place à l’imagination, Dark Colors rend les choses plus accessibles et directes. En soi, l’horreur est toujours présente, mais sous une autre forme. Elle passe ainsi de quelque chose de plus suggestif, psychologique, à une forme plus viscérale et graphique. On pourrait résumer cela de la façon suivante : la couleur change la manière dont les histoires font peur.
Les +
- La mise en couleur parfois plus impactante…
- Mise en page et écrin soignés
- Bonne variété dans les nouvelles choisies
- Une proposition osée
- Les pré & post face
Les –
- …mais laissant moins de place à l’imagination
- La couleur dénature parfois le propos
OursGamer décerne la papate d'or