Chez l’ours on me voit comme un vieux ronchon qui ne jure presque exclusivement que par des jeux rétro, ceux qui sentent bon les pixels. En effet, tel un boomer né dans les années 80, j’ai grandi devant le Club Dorothée avec notamment Nicky Larson, connu au Japon sous le nom de City Hunter. Ainsi, lorsque l’éditeur Red Art Games a sorti le 25 février dernier le jeu adapté de cet animé culte, cela a réveillé ma fibre nostalgique plus vite qu’un éclair. City Hunter rend-il vraiment justice à nos souvenirs, ou tire-t-il surtout sur notre portefeuille ?
« Test réalisé sur PlayStation 5 à l’aide d’une version numérique fournie par l’éditeur que nous remercions »
La justice s’appelle Nicky
On incarne Ryô Saeba, alias City Hunter, que nous connaissons en France sous le nom de Nicky Larson. Cette adaptation vidéoludique propose en réalité le portage du seul jeu officiel issu de cette licence culte. Pour rappel, le titre original est sorti le 2 mars 1990 sur PC-Engine. Autant dire que seuls les passionnés de la série animée ou les collectionneurs de la console NEC se souviennent vraiment de ce jeu.
Aujourd’hui, 35 ans plus tard, le héros reprend du service dans cette ressortie modernisée. Il enchaîne trois contrats qui consistent principalement à secourir de jeunes femmes retenues par des criminels caricaturaux. De plus, chaque mission s’inscrit dans un scénario très simple, fidèle aux standards des jeux d’action 2D du début des années 90. On avance ainsi dans des niveaux courts, rythmés par des fusillades nerveuses et quelques touches d’humour grivois. Enfin, l’ensemble cherche clairement à recréer l’ambiance d’un épisode classique du dessin animé, entre justice expéditive et clins d’œil appuyés aux fans nostalgiques pour finir sur un bateau.



Entre charme et limites d’époque
D’un point de vue graphique, on reste sur une base PC-Engine. La 2D affiche des sprites propres et quelques effets visuels réussis. Les animations de Nicky respectent fidèlement l’anime. Il dégaine, court et vise avec des poses immédiatement reconnaissables. On retrouve même ses mimiques exagérées face aux jolies filles. Cet aspect coquin colle parfaitement à l’univers de la série.
En revanche, les ennemis manquent souvent de personnalité au début. Certains boss surprennent, mais pas toujours dans le bon sens. Un tigre qui tire des lasers semble tout droit sorti d’un sentai. Clairement, ce genre d’idée détonne dans l’univers de Nicky Larson. Heureusement, le jeu propose aussi de belles séquences comme les hélicoptères sur les toits. Les cut scenes affichent des portraits soignés et fidèles à l’œuvre originale. On croise même le fameux Mammouth, bien représenté, même si on aurait aimé le jouer.
Concernant les décors, la variété reste limitée. Les environnements se répètent et recyclent plusieurs ambiances urbaines. Cela dit, les contraintes techniques de l’époque expliquent ces choix. On s’y habitue, même si l’ensemble manque d’éclat.
Côté bande-son, les compositions sentent bon les années 90. Les thèmes restent simples mais efficaces. On apprécie surtout la possibilité d’écouter l’OST dans les bonus. Enfin, le mode scanlines permet d’afficher un rendu cathodique sur écran moderne. Dans l’ensemble, ce portage amélioré respecte le jeu d’origine. Il faut simplement accepter de jouer avec les codes d’un titre rétro.



Justice expéditive, boucle répétitive
City Hunter propose un jeu d’action 2D qui mélange exploration et fusillades. On pense immédiatement à Rolling Thunder et Elevator Action. Le joueur traverse des bâtiments en fouillant des portes pour trouver son chemin. On discute avec des personnages secondaires pour débloquer la suite. Certains livrent des éléments de scénario. D’autres confient des mini-quêtes contre une récompense utile.
Le schéma reste simple et efficace au départ. On récupère un objet précis. Ensuite, on obtient une clé. Puis, on affronte un boss en évitant les tirs ennemis. Cependant, cette structure revient presque à l’identique à chaque mission. Le gameplay tourne vite en rond malgré son habillage nostalgique assumé. On avance, on tire, on recommence. Malgré tout, quelques scènes légères rappellent l’ADN de la série comme une PNJ coquine qui redonne de la vie.
Heureusement, cette réédition ajoute des options modernes bienvenues. On choisit la difficulté d’origine, exigeante, ou un mode plus accessible. La fonction rewind ou la sauvegarde à tout moment sont très pratiques. Ainsi, l’aventure se boucle facilement en un après-midi.
Enfin, les bonus séduisent les fans inconditionnels. On consulte des artworks soignés. On écoute l’OST culte, générique inclus. Néanmoins, à 40 euros en physique ou 25 en dématérialisé, le tarif paraît élevé. La fibre nostalgique ne suffit pas toujours à justifier l’addition.



Pour
- Une OST et des artworks en option
- Une traduction française réussie
- le personnage bien retranscrit
Contre
- Un gameplay redondant
- Des scénarios faiblards
- Intéret faible avec rejouabilité faible
City Hunter
Conclusion
City Hunter mise sur la nostalgie rétro et un portage fidèle, mais son gameplay répétitif et sa faible rejouabilité freinent l’enthousiasme. En somme, une fantrad soignée malgré un prix élevé
