Je suis un vieux joueur passionné d’arcade, nourri aux sensations pures de Ridge Racer. Ainsi, lorsque Mika, notre rédacteur, m’a proposé de tester ce nouveau Screamer, ma curiosité s’est emballée comme un moteur en surrégime. Naturellement, le nom Screamer évoque immédiatement pour moi des souvenirs de vitesse sur mon feu Pentium P166.
De plus, ce nouvel opus, sorti le 26 mars 2026 sur PlayStation 5, arrive avec de solides références derrière le volant. En effet, Milestone, déjà à l’origine de la série, a récemment marqué les esprits avec Hot Wheels Unleashed 2 Turbocharged, un jeu explosif et parfaitement calibré. Par conséquent, les attentes montent d’un cran, entre promesses de gameplay nerveux et adrénaline constante sur chaque circuit. Alors, ce Screamer relance-t-il la machine ou cale-t-il dès le premier virage ?
Test réalisé sur PS5 à l’aide d’une version physique envoyée par l’éditeur, que nous remercions.
Real Racing Roots
Tout d’abord, le mode “tournoi” sert de colonne vertébrale au jeu, avec cinq équipes prêtes à en découdre. Chaque groupe intègre trois membres aux caractères variés mais quelque peu clichés. Un mystérieux organisateur orchestre le tournoi Screamer ou chacun veut participer pour prouver qu’il est le meilleur. Cependant, la narration patine rapidement, malgré un univers cyberpunk prometteur et une mise en scène inspirée des animés. En effet, l’ensemble rappelle Galactik Football, avec des personnages qui font avancer une intrigue peu palpitante. Ainsi, le récit laisse une impression aussi tiède qu’une course sans dépassement malgré quelques vidéos de belles qualité.
Ensuite, le jeu propose vingt quatre épisodes ponctués de courtes scénettes, censées dynamiser la progression. On enchaine alors des dialogues en différentes langues mais avec un texte traduit en français car l’ensemble des personnages se comprennent grâce à une puce implantée dans leurs cerveaux. D’ailleurs, ce concept cyberpunk intrigue au départ mais il s’essouffle vite. De plus, le mode scénario tente d’imiter Ridge Racer Type 4 avec une approche stylisée, mais sans atteindre son efficacité. Par conséquent, le mode histoire existe, mais n’apporte finalement que peu d’intérêt au joueur là ou il aurait pu se rapprocher d’un jeu comme Racing Lagoon.



Une trajectoire trop classique
D’entrée de jeu, Screamer assume son une identité visuelle futuriste. Dès lors, l’interface des menus affiche des néons futuristes, des contrastes marqués et une ambiance résolument tournée vers le turfu. En parallèle, les vidéos façon animé envoient du lourd, façon Cyberpunk qui rencontre Inazuma Eleven. Ainsi, l’univers graphique pose les bases qui pourraient plaire à un public adolescent.
Néanmoins, les personnages rappellent rapidement l’approche de Sonic Wings Reunion, avec des portraits fixes et quelques animations limitées. Par conséquent, malgré un design qui cherche à donner du caractère à chaque pilote, on est loin d’un coté comme Wipeout.
Côté piste, Milestone exploite l’Unreal Engine avec une volonté évidente de multiplier les effets lumineux et les reflets dynamiques. Toutefois, le rendu global évoque davantage un jeu de course générique de génération précédente qu’une véritable vitrine technologique. En revanche, l’animation reste solide, même avec plusieurs bolides à l’écran, ce qui garantit une conduite fluide et sans accroc. Par moments, le jeu rappelle Burnout Dominator dans ses sensations, sans toutefois atteindre ce niveau de spectacle. Dès lors, un jeu sorti il y a plus de dix ans se révèle comparativement plus réussi que Screamer et ça, ça fait mal.
En définitive, Screamer propose un mélange entre cyberpunk et inspirations à la Ridge Racer, sans jamais atteindre la quintessence graphique d’un jeu arcade comme OutRun ou d’un Scud Race. Ainsi, l’ensemble reste cohérent, bien exécuté et sans faute majeure, mais manque clairement de panache.



Five laps to go
Chaque personnage bénéficie d’un doublage dans sa langue d’origine, ce qui renforce l’aspect futuriste. Toutefois, cette idée « intéressante » crée des échanges rapidement décousus. Par conséquent,cette cacophonie linguistique finit par nous faire décrocher de l’histoire, malgré une intention louable.
En parallèle, les musiques adoptent une orientation techno futuriste, en adéquation avec l’univers cyberpunk. Néanmoins, pour un jeu d’arcade, la bande-son ne marque pas sur la durée. En effet, aucun thème ne reste en tête après plusieurs courses, malgré un rythme très soutenu et une production correcte. Par ailleurs, les sons liés à la course comme le bruit du moteur ou autre manque cruellement d’aspect arcade comme un Daytona USA ou autre jeu du genre.
Un aspect arcade totalement absent
Au-delà du mode “tournoi”, qui permet de débloquer personnages et éléments de personnalisation, les autres modes de jeu offrent également quelques récompenses supplémentaires. Ainsi, en enchaînant les courses, on récupère des circuits, des musiques ou divers items cosmétiques liés à la progression. Cependant, cette boucle de récompense reste beaucoup trop classique. L’ensemble donne vraiment l’impression de suivre une ligne droite sans véritable enjeu, malgré une structure pensée pour varier les plaisirs.
D’autre part, le jeu propose de débloquer différents éléments de customisation pour modifier l’apparence des véhicules. Néanmoins, ces ajustements restent purement esthétiques et n’influencent jamais la conduite ou les performances sur la piste. Par conséquent, on perd directement de vue l’idée d’améliorer sa voiture et aussi de s’améliorer de facto. En comparaison, des titres comme Hot Wheels ou Outrun misent sur des nouveaux véhicules bien marqués pour s’améliorer, ce qui renforce l’envie de progresser et de s’améliorer.
En complément, Screamer propose des modes classiques comme arcade, contre-la-montre ou encore en ligne, afin de varier les expériences de pilotage. Toutefois, malgré cette diversité apparente, le contenu manque d’une vraie identité arcade capable de dynamiser chaque session. En définitive, ces modes restent fonctionnels, mais n’exploitent jamais pleinement le potentiel nerveux et explosif attendu pour un jeu de course arcade.



L’art du drift (ou pas)
Passons au cœur du moteur, le gameplay, censé incarner l’essence d’un jeu de course arcade. Dès les premières secondes, la conduite surprend avec un système à deux sticks. Le stick gauche donne l’illusion de diriger, tandis que le stick droit gère les drifts. Sur le papier, l’idée est originale. Cependant, en piste, la maniabilité devient vite lourde et contre-intuitive.
Concrètement, on a l’impression de piloter un parpaing lancé à pleine vitesse. Par conséquent, chaque virage vire à la collision, avec des chocs répétés contre les barrières. De plus, même en anticipant, le ressenti reste rigide et imprécis, ce qui casse totalement le plaisir. Ainsi, le jeu échoue à procurer cette sensation de maîtrise essentielle en arcade.
Certes, une assistance permet de rester sur des rails invisibles. Néanmoins, elle supprime toute liberté et rend l’expérience trop passive. Par ailleurs, ce système dual stick, efficace dans un shoot, ne fonctionne pas ici. Pire, avec un mapping classique, utiliser le drift devient quasi impossible sans une troisième main.
En parallèle, les circuits n’aident jamais cette jouabilité fragile, malgré un boost mal exploité. Dès lors, le manque de fluidité rend les courses frustrantes. Là où Ridge Racer 3DS propose un flow grisant, ici tout semble rigide. Résultat, on passe plus de temps dans les murs que sur de bonnes trajectoires.Enfin, la mécanique de destruction, inspirée de Burnout ou Destruction Derby, reste anecdotique. En définitive, malgré quelques idées, le gameplay rate complètement son virage.
DriveGPT
Pour conclure, parlons de la rejouabilité, du plaisir de jeu et d’une IA qui aurait clairement besoin d’un passage au stand. En théorie, un jeu de course arcade propose une montée en puissance progressive, comme par exemple Ridge Racer 3DS dans un style comparable.
Ici, le jeu propose trois niveaux de difficulté. Naturellement, en bon vétéran de l’arcade des années 90, on démarre en mode normal, prêt à enchaîner les virages. Pourtant, dès les premières courses, la sanction tombe, et l’IA écrase toute tentative de performance. Par conséquent, on baisse la difficulté, puis encore, jusqu’au mode très facile, sans jamais voir de réelle différence.
De plus, même en optimisant ses trajectoires, en maîtrisant le drift et en déclenchant les boosts au bon moment, la victoire reste hors de portée. En effet, l’intelligence artificielle semble coller à la piste avec une adhérence irréelle, comme si elle ignorait totalement les contraintes du pilotage. Dès lors, la frustration remplace rapidement le plaisir, ce qui nuit fortement à la rejouabilité.
En revanche, le mode en ligne apporte un peu d’air frais, avec des affrontements plus équilibrés et imprévisibles. Toutefois, ce seul point positif ne suffit pas à compenser les lacunes du reste de l’expérience. Par ailleurs, le manque de progression tangible et de sensations grisantes empêche toute envie de relancer une course. En somme, le jeu échoue totalement à capturer l’essence même de l’arcade, malgré ses ambitions affichées.
Pour
- Graphiquement propre
- Les cinématiques animées
- L’aspect cyberpunk
Contre
- L’esprit arcade totalement absent
- Une IA digne de l’enfer
- Le système de drift raté
- Le mode histoire insipide
Screamer
Conclusion
Si vous recherchez un jeu de course arcade fun et accrocheur, je vous déconseille totalement Screamer. Ainsi, malgré quelques idées intéressantes, le jeu laisse une impression de ne jamais capturer le sel d’un jeu de course arcade.
