Il y a des endroits où il ne fait pas bon vivre, et c’est le cas pour notre test du jour. Apartment nº129 est un jeu indépendant développé et édité par Dead Witness Studio. Déjà disponible sur Steam depuis 2024, il est finalement arrivé sur nos consoles le 16 janvier 2026. Est-ce que les deux ans d’attente en valaient la chandelle ?
Test réalisé sur PlayStation 5 Pro à l’aide d’une version dématérialisée envoyée par l’éditeur, que nous remercions.
Emir le youtubeur part à l’aventure.
Parce qu’il faut bien commencer quelque part, Apartment nº129 s’ouvre sur un appel téléphonique entre deux amis. La scène, très maladroitement filmée à la limite du FMV*, nous fait rencontrer Emir, un jeune YouTubeur intéressé par une légende urbaine sur un appartement maudit et poussé par son ami à s’y rendre seul pour le côté sensationnel. Après un échange aussi mal joué que mal écrit, nous nous retrouvons dans une petite ruelle étriquée pour débuter notre épopée… qui a très peu de sens à mes yeux.
FMV (« Full Motion Video ») : technique de narration vidéoludique utilisant des séquences vidéo préenregistrées plutôt que des sprites ou des modèles 3D.


Emir veut faire une vidéo, ok. Par contre, il ne sort jamais la moindre caméra ni même son portable, en dehors d’un vague appel avec son ami qui nous débite le même charabia à propos de “l’ami du père de son père” ou quelque chose du genre. Pas de matériel pour filmer, mais il est très à l’aise avec une arme à feu et ne sursaute pas d’un cheveu lorsqu’il tombe nez à nez avec un pendu, un chien zombie ou un médecin maboulé.
La suite est un dédale de couloirs avec quelques messages évoquant des jeunes filles ayant apparemment effectué un rituel satanique (le sujet de sa vidéo). Mais aussi un jeune homme qui aurait disparu avec ses amis en se rendant dans un village. Le fameux village Y, dont l’itinéraire changerait aléatoirement.
Franchement… Le scénario est mal écrit ; il n’a parfois même aucun sens. Le lore est vide. (L’histoire est censée être inspirée d’un fait réel, mais j’ai beau chercher, je n’ai rien trouvé nulle part.)


Y. Köyü Ye’cüc Me’cüc : un film en lien avec le jeu ?
D’après mes recherches, le scénario du jeu a été écrit par un réalisateur de cinéma et scénariste professionnel : Batuhan Gündüz. Son seul film s’intitule Y. Köyü Ye’cüc Me’cüc.

Il raconte l’histoire de trois amis qui se rendent dans un village prétendument hanté (Y. Köyü, où « Y. » pourrait signifier « yok », autrement dit “absent” ou “perdu” en turc. Je fais ce que je peux avec ce que j’ai !) pour filmer des événements surnaturels, mais qui finissent possédés par des entités maléfiques liées à la légende de Ye’cüc ve Me’cüc (Gog et Magog). Ces termes proviennent du Coran (sourates Al-Kahf et Al-Anbiya) et désignent des peuples destructeurs enfermés derrière un barrage construit par Zülkarneyn, symbolisant le chaos apocalyptique qui se libérera à la fin des temps.
Le jeu, parsemé de versets du Coran et de messages remettant en question l’athéisme d’Emir, semble effectivement entretenir un lien fort avec le film.
Peut-être ce dernier nous permettrait-il de mieux le comprendre ?
Emir tourne en rond.
Le jeu ne brille pas non plus par sa subtilité côté gameplay. C’est une sorte de survival horror à la première personne, complètement vide, se déroulant dans un immeuble. Les appartements sont tous copiés-collés les uns des autres. À chaque étape validée, un mystérieux message nous attend, livrant une indication plus ou moins nébuleuse pour la suite.
Je ne sais pas si c’est voulu ou simplement bugué, mais la plupart du temps, fouiller un placard n’a aucun effet. Le bruit d’une porte qui s’ouvre est bien là, mais il ne se passe rien. Même problème sur la version Xbox, apparemment…
Dans le domaine des bugs, il y a aussi la lampe torche. Des piles sont nécessaires pour l’utiliser, rien d’anormal jusque là. Si on épuise les premières, on se retrouve tout bonnement dans le noir quasi total et il nous faut alors juste tourner en rond jusqu’à tomber sur une nouvelle paire de piles. Je pense que c’est tout bonnement impossible tant il faut être précis pour les ramasser ! En revanche, sans raison particulière, une fois le gun récupéré, les piles ne bougent plus. Pratique mais pas très survival-like.

Les rares combats n’ont aucun intérêt. Emir peut attaquer avec une hache ou un pistolet, certes, mais dans les deux cas, il n’y a aucun recul, aucune vibration, aucune réaction de l’ennemi, comme si nos coups n’avaient aucun impact. Emir pousse le même cri désespéré tandis que notre jauge de vie fond à vue d’œil.
On s’approche du néant. Et il y fait très sombre.
Visuellement, ce n’est pas moche… quand on voit quelque chose. Parce que bon sang ce qu’il peut faire sombre dans ce jeu ! Probablement parce que les recoins sont clairement laissés de côté. Quand on regarde bien, si le chemin principal est correct, les zones d’ombre ressemblent souvent à de gros amas de pixels, comme si les textures n’avaient pas chargé. Et ce n’est pas des pixels sauvés pour les sous titres qui sont minuscules ! Plus la phrase est longue et plus c’est petit, une véritable horreur même en étant le nez collé à l’écran.


Il y a aussi des messages qui apparaissent sans raison, en bas de l’écran sans que rien ne soit écrit nulle part… Bug graphique ? Murmure inaudible ? Aucune idée.

Le bestiaire se compte sur les doigts d’une main, et le level design est aussi pauvre que le scénario. C’est extrêmement… laid. On comprend aisément pourquoi la vidéo d’introduction a été filmée.
Côté musique, c’est le néant total. Le vague bruit du vent et de la faune me rappelle mon test de DreadOut, un an auparavant. (À croire que c’est fait exprès…) Les bruitages, eux, sont complètement ratés, en plus d’être redondants.
À la recherche de… de quoi déjà ?
Que dire de ce jeu pour boucler mon test ? « Apartment nº129 est un mauvais jeu. » n’est pas suffisant pour exprimer à quel point j’ai pu m’ennuyer. Concrètement, il n’y a rien à sauver. L’histoire part dans tous les sens : culte satanique, péché, religion, disparition, sans jamais savoir où elle veut aller. Les ennemis, eux, n’en ont tout simplement aucun. C’est creux, maladroit, et terriblement vide d’émotion. Apartment nº129 n’effraie pas, ne surprend pas, et ne raconte rien de cohérent. J’ai passé deux heures sur le jeu, c’est suffisant pour le terminer. À savoir qu’il n’y a que quatre trophées et que le pauvre 100 % demande deux parties malgré tout.

Pour
Contre
- Beaucoup de bugs
- Le scénario bordélique
- Les sous titres minuscules
- Beaucoup trop sombre
Test – Apartment nº129
Conclusion
On s’ennuie, on baille. Apartment nº129 est un énième jeu qui se veut survival horror mais qui n’en est pas un. On notera la religion au cœur du scénario, quelque chose d’assez rare pour être souligné mais concrètement on apprend rien, on ne comprend rien. Passez votre chemin.
