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Test – Devil Jam : Un pacte avec le diable.

Temps de lecture : 6 minutes

Dans la famille des ersatz gaming, nous avions eu récemment Ebola Village, qui nous donnait très envie de retourner sur Resident Evil. Aujourd’hui, nous allons vous parler d’un Hades-like qui a franchement attiré notre attention ! Voici donc Devil Jam, un roguelite d’action type survivor en vue du dessus, signé par le studio belge Rogueside! Déjà disponible sur PC depuis novembre, il débarque en fanfare sur nos consoles, et c’est cette version qui nous intéresse !

Test réalisé sur PS5 Pro et Ps Portal à l’aide d’une clé numérique envoyée par l’éditeur, que nous remercions.

Le Diable aussi aime la musique ?

Dans Devil Jam, nous incarnons un musicien maudit, Falco, qui a signé un contrat foireux avec le Diable pour accéder à la gloire, avant d’être littéralement aspiré en enfer pour y donner le « concert de sa vie ». Le Diable veut Underworld comme un label musical infernal.


Le pitch n’a rien de fou, c’est un petit n’importe quoi même, mais ça a le mérite de faire sourire, même si l’inspiration Hades peut faire grincer des dents. En effet, les personnages que nous allons rencontrer, c’est-à-dire les entités offrant joyeusement leurs compétences à nos runs, ne sont pas sans rappeler les divinités croisées par Zagreus et Mélinoé. Sous la forme des péchés capitaux, les démons sont tantôt séducteurs, tantôt hargneux… Ça a son petit charme sur fond de métal, même si ça manque sincèrement de vie.

Un mix efficace qui aurait mérité plus de contenu.

Si le jeu ne brille pas par son scénario, c’est au niveau du gameplay que j’ai vraiment eu un petit coup de cœur !

Inspiré de Vampire Survivors et de Hades, mais infusé de métal abrasif, le jeu repose sur des runs de 20 minutes (hors boss), sur une map unique divisée par deux mini-boss aléatoires et la Mort à la fin. Le but est donc de choper le plus de niveaux et de buffs jusqu’à aller tabasser comme il faut le boss final. Jusque-là, rien de bien nouveau ? C’est parce que le meilleur reste à venir !

Le gameplay est un petit plaisir pour les fans de combos et de chaos en tout genre ! Avec 12 emplacements qui se synchronisent sur trois lignes de quatre pulsations, les possibilités sont infinies.

Je vous explique : les contrôles sont d’une simplicité diabolique : stick gauche pour se déplacer librement dans l’arène, stick droit pour orienter la « guitare principale », et tout le reste est automatique. Les armes – ou plutôt les dons démoniaques des démons alliés – sont des instruments possédés : guitares saturées, batteries explosives, micros hurlants ou amplis à ondes de choc ! (Bon, après, « Envie » a aussi des serpents et des flaques d’acide… Curieuse créature, n’est-ce pas ?) Le tout se déclenche uniquement sur le tempo de la bande-son métal, via une barre rythmique en quatre temps visible à l’écran !

Est-ce que cela semble compliqué ? Peut-être, mais une fois la manette en main, c’est absolument délicieux !

Des attaques mais aussi des buffs à gogo !

Pour les joueurs ayant déjà touché à Queen’s Blood dans Final Fantasy VII Rebirth, vous savez l’importance des bonus offerts par certaines cartes et donc de leur positionnement. Eh bien, dans Devil Jam, c’est un petit peu la même chose : chaque démon a ses propres buffs à proposer ! Certes, cela prend un emplacement de compétence et ne sert à rien seul, mais avec un tantinet de réflexion et un bon placement, notre héros devient une vraie machine à tuer ! Buff critique, meilleure portée, soin boosté, explosions…

Inévitablement, le Diable est une créature sournoise et vient généralement une à deux fois par run proposer un petit peu de sa personne. Obtenir de la chance contre une réduction significative de notre barre de vie, avancer plus vite avec un reset d’esquive bien plus long… Bien sûr, on n’a rien sans rien, que diable !

Farmer pour la survie :

Deux boutiques viennent également ajouter un peu de stratégie pendant les runs. L’une permet d’échanger les objets récupérés sur les ennemis contre de nouvelles compétences ou des améliorations directes de nos trois héros. L’autre, plus axée sur la survie, propose des buffs temporaires appliqués directement sur la map.

La rejouabilité est franchement sympathique, grâce aux 185 défis débloquables dans le hub. Pas mal de quêtes commune à l’excellent Hall of Torment d’ailleurs, dont nous avions fait le test. On y déverrouille aussi de nouveaux persos, items et cosmétiques via une méta-progression, et sans microtransactions.

 Les builds offrent une certaine variété que j’ai trouvée vraiment intéressante : focus vitesse pour dodge infini, DPS pur avec riffs AOE plutôt impressionnantes, ou tanking via boucliers rythmiques et heals à gogo.


Je me suis pas mal amusée avec les choix les moins logiques et les plus mauvais : ça donne des trucs assez compliqués parfois, et c’est bien dommage justement de devoir en arriver là pour que le jeu soit « dur ».

En effet, la Mort est tombée ici au bout de deux parties seulement sur la première map, et en une seule fois sur la seconde (avec un +10 % en rapidité). Si le jeu nous donne la possibilité de tester des choses comme survivre cinq minutes sans attaquer une seule fois dans une petite cage ou rebattre les boss en boosté avec des difficultés + , nous sommes très loin d’une réelle difficulté pour les fans du genre comme moi.

De jolies choses sur un fond de métal, mais :

Avant toute chose, j’aime à préciser que j’ai été attiré par le jeu dès que j’ai vu son illustration ! J’adore le style, et à la vue du bureau du Diable au début du jeu, puis du hub, j’ai adoré ce que je voyais. Avant de déchanter un petit peu devant la sale mine des maps et des ennemis. Si on peut justifier le vide des arènes par le besoin de rester sur du sobre afin de ne pas rendre le jeu trop brouillon avec les attaques, je n’ai franchement pas la moindre idée pour défendre la pauvreté du bestiaire. Entre de pauvres gluants de couleurs différentes et des espèces de golems barbus, on est clairement sur un manque de motivation là.

 Pour la musique, l’effet est exactement le même ! Celle de la salle principale, l’espèce de bar où nous faisons nos emplettes est merveilleuse ! Un pur bonheur pour mes oreilles, que je vais m’empresser de chercher sur les plateformes de streaming. Mais alors, pour les runs, c’est toujours les mêmes morceaux, et c’est terriblement agaçant.

Les doublages viennent relever un tantinet le niveau, sympathiques et sans bavures.

On en veut beaucoup plus !

Devil Jam est clairement un jeu qui regorge de bonnes idées, mais qui n’en exploite finalement que la surface. Entre son concept déjanté, son système de rythme diaboliquement bien trouvé et sa direction artistique pleine de promesses, il avait tout pour briller bien plus fort.
Malheureusement, le manque criant de contenu et de renouvellement finit par rattraper l’ensemble. J’ai passé un bon petit moment à taper du démon au tempo du métal, et en tant qu’amatrice du genre, j’y ai trouvé ce qu’il me fallait pour quelques soirées sympas. Mais soyons honnêtes : il est difficile de lui préférer les deux Hades, bien plus riches, profonds et satisfaisants.

Devil Jam reste donc une petite sucrerie infernale à savourer le temps d’un riff… avant de passer à autre chose. Espérons l’arrivée d’un DLC ou d’une grosse mise à jour !

Pour

  • Très fluide
  • La beauté du hub
  • La musique du hub, parfaite
  • Le système de compétences
  • Les trois perso jouables sont bien sympas

Contre

  • Pas de réelle difficulté
  • Le bestiaire vraiment pauvre
  • Le design pitoyable de la Mort
  • Trop peu de musiques différentes

Test – Devil Jam

PampaPoulpe

Scénario / ambiance 
Graphismes / direction artistique
Gameplay
Intérêt 

Conclusion

Un bon petit jeu pour les amateurs du genre, mais loin de détrôner les maîtres du panthéon infernal que sont les Hades.

3.3



 

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