Koira est un jeu d’aventure introspectif qui nous conte une histoire d’amitié touchante entre un chiot et un esprit de la forêt. Premier jeu de l’équipe belge de Studio Tolima, présenté à la Gamescom et édité par Don’t NOD, sa sortie était prévue pour le 17 avril 2025 sur PlayStation 5 et PC. Pour notre plus grand bonheur, elle a été avancée au 1er avril 2025. Qu’avons-nous pensé de notre balade en forêt ? La réponse dans ce test de Koira.
« Test réalisé à l’aide d’une version numérique fournie par l’éditeur que nous remercions »
Une histoire qui a du chien
Koira est un mot qui vient du finnois et signifie simplement « chien », et c’est justement l’élément déclencheur de notre aventure. Le titre de Studio Tolima nous propose effectivement d’incarner un esprit de la forêt. Il va venir en aide à un chien et le libérer d’un piège mis en place par des chasseurs. L’esprit et l’animal vont se lier d’amitié et ensemble parcourir une forêt enchantée en quête d’un foyer où vivre heureux.


Pour cela, aux commandes de notre esprit, nous allons devoir progresser dans des environnements en 2D. Le gameplay est particulièrement intuitif et ne requiert pas d’apprentissage particulier. On avance et on interagit avec l’environnement à l’aide d’une touche de la manette : simple, mais suffisant pour desservir les propos, mais nous y reviendrons. Ne comptez pas non plus sur une interface complexe ou un quelconque pointeur de quête. Koira se veut minimaliste et l’environnement se suffit à lui-même. Il saura habilement vous indiquer le chemin.
L’objectif de Koira est avant tout de vous faire passer un moment doux et agréable.
Bien entendu, notre voyage sera semé d’embûches et il faudra parfois résoudre des énigmes pour avancer, mais aussi se confronter aux impitoyables chasseurs lors de parties de cache-cache. Si elles sont bien conçues et tirent habilement parti du lore de la forêt, ces énigmes ne présentent pas une grande difficulté. Elles nécessiteront simplement de prendre le temps d’observer, fouiller et comprendre la logique sous-jacente. On collectera ainsi des notes de musique pour activer des statues ou lancera des objets pour récupérer de précieuses pommes qui permettent à notre compagnon à quatre pattes de repousser l’obscurité… Dans le même ordre d’idée, il nous sera aussi nécessaire de collaborer avec le chiot. Par exemple, pour déblayer un tas de neige ou leurrer les chasseurs. Cela donnera lieu à des moments de franche camaraderie. Vous l’aurez compris, l’objectif de Koira est avant tout de vous faire passer un moment doux et agréable lors de votre aventure.
Le son au service de la narration
Graphismes en aquarelle
Koira prend place dans un environnement en 2D avec des décors peints à la main. Le titre est joli et évoque des peintures à l’aquarelle. Ce style produit des lieux doux qui semblent vivants et organiques. On soulignera aussi la présence de multiples détails et animations qui renforcent cette impression (traces de pas, vol d’oiseaux…). De plus, les personnages apparaissent comme dessinés à l’encre de Chine sur ces toiles de fond. Cela a pour effet de renforcer leur présence, notamment leur expression, mais aussi d’installer une certaine fluidité dans leur déplacement. L’ensemble est agréable à l’œil et appelle à la contemplation, particulièrement grâce à l’utilisation subtile de la couleur qui permet de guider l’œil et souligner les émotions.


Quand le son remplace le texte
Mais ce n’est pas tout, le son, et particulièrement la musique, joue un rôle primordial dans l’expérience qu’offre Koira. Elle sait se faire discrète durant notre parcours, respectant la quiétude des lieux. Puis, parfois, lors de moments clés, elle s’accélère et revient au premier plan, rendant ainsi l’atmosphère plus inquiétante, ou au contraire plus joyeuse. Son objectif ? Nous prendre aux tripes et susciter l’émotion au plus profond de nous. Sur moi, en tout cas, cela a fonctionné. J’ai été inquiet, parfois j’ai ressenti l’urgence du moment, mais aussi parfois apaisé.

Finalement, le son devient un véritable vecteur de la narration, palliant l’absence totale de texte. Les bruitages font mouche à chaque fois et, à la manière d’un film muet, rythment notre progression. Les échanges entre les protagonistes sous forme de notes de musique interpellent. Les tintements de piano marquent l’ampleur de notre chute, tandis que les accords d’accordéon nous agressent à la manière des aboiements d’un chien de chasse. À la fin de notre aventure, on ne peut qu’être marqué par une telle utilisation du son dans un jeu vidéo, lui qui, d’habitude, ne représente qu’un fond sonore que l’on oublie facilement.
Koira : une aventure introspective
De par son graphisme et son ambiance sonore, Koira nous transporte et fait naître en nous une série d’émotions. L’ensemble permet au titre de nous communiquer ses messages. On y découvrira ainsi une fable sur la forêt, incitant à une reconnexion avec la nature, mais aussi un potentiel militantisme contre la chasse, avec la présence de chasseurs en tant qu’antagonistes principaux. Bien entendu, c’est aussi une leçon sur l’amitié et sur ce que nous serions prêts à faire pour la conserver.



Finalement, l’absence de texte donne aussi lieu à une interprétation parfois plus personnelle. J’y ai vu pour ma part un attrait pour le temps qui passe, et j’ai profité de moments purement contemplatifs : s’assoir sur un banc, regarder les nuages. Ainsi qu’une mise en garde sur la colère et ses conséquences.
Pour
- Simple à prendre en main
- Messages touchants
- Expérience narrative
- Bande sonore soignée
- Graphismes 2D intéressants
Contre
- Pas convaincu par cache-cache
- Durée de vie
Koira
Résumé
Koira est un titre qui nous propose une expérience narrative qui bénéficie encore une fois de tout le savoir-faire de Don’t NOD dans ce domaine. L’aventure est douce, rythmée par la musique et le son. Elle dépasse le statut de simple jeu vidéo : c’est un moment unique. On pourrait certes lui reprocher sa faible durée de vie ( moins de 4h ) mais est ce que d’avantage était nécessaire ?