Après trois aventures de Spider-Man, Insomniac Games change de héros et de registre avec Marvel’s Wolverine, sorti le 15 septembre 2026 en exclusivité sur PS5. Le studio promettait un Logan brutal, adulte, loin de la légèreté de l’Homme-Araignée. Est ce le cas ? La réponse dans ce test de Marvel’s Wolverine.
Logan retrouve la Team X
Le jeu s’ouvre sur un Logan qui pensait en avoir fini avec Wolverine. Trois ans après avoir quitté la Team X, il réintègre cette unité d’intervention mutante, alors qu’elle affronte sa plus grande épreuve. L’aventure, strictement solo, l’emmène au Canada, au Japon et à Madripoor. Elle se déroule dans le même univers que les jeux Spider-Man, même si les liens restent très ténus.
Ici, pas de ville ouverte à arpenter. Wolverine est un jeu d’action-aventure linéaire et dirigiste, qui mise sur son rythme, sa mise en scène et sa narration plutôt que sur la liberté d’exploration.
Entre clins d’œil aux comics et clichés assumés
Le scénario repose sur le duo formé par Logan et Jean Grey, lancés dans une aventure mondiale pour stopper Trask, retrouver des amis perdus et percer les secrets du passé du héros. La Team X réunit Wolverine, Sabretooth et Mystique, qui interviennent régulièrement avec de nombreux échanges de vannes. Au fil de l’aventure, on croise aussi des figures bien connues des fans, dont Essex (le futur Mister Sinister), la Main ou Lady Deathstrike.
Les amateurs de comics y retrouveront de nombreux repères. Madripoor, cette île de non-droit imaginée par Marvel, est devenue la seconde maison de Wolverine à la fin des années 1980. La relation entre Logan et Jean, la plus grande réuissite du jeu, fait écho à l’histoire des X-Men : dans les comics, il a longtemps eu des sentiments pour elle, jusqu’à son mariage avec Cyclope. Côté cinéma, l’ombre des Sentinelles et de Trask rappelle X-Men : Days of Future Past, tandis que le ton sombre et la violence assumée évoquent Logan.
L’intrigue, bien que sans surprise, est plutôt bien écrite et portée par une bonne version française. Je regrette juste que Jean ne soit là que pour servir l’histoire de Logan et que son personnage ne soit pas assez approfondi.

De la rage, beaucoup de rage (et du sang !)
Insomniac n’a pas cherché à réinventer sa formule. Le jeu reprend la fluidité des Spider-Man dans les déplacements et le système de combat, mais se concentre plus sur de la baston pure. Logan tranche, empale et démembre ses adversaires dans des affrontements nettement plus sanglants que dans les précédentes productions du studio. Parades, capacités spéciales, jauge de rage et nombreuses exécutions donnent aux combats un côté bien moins nerveux, mais plus intenses que ceux de l’araignée sympa du quartier.
Le revers de la médaille, c’est le coté répétitif. En effet, le cœur du gameplay tourne rapidement en rond et la progression perd de son élan sur la durée. Les environnements, pour la plupart très cloisonnés, frustrent mon envie de liberté. Et il y a également toutes ces séquences où Logan se contente de marcher et de discuter qui cassent trop souvent le rythme.
Toutefois, je retiendrai les combats de boss qui sont particulièrement bien réussis. Ils sont découpés en plusieurs phases, avec des dialogues et autres ajouts scénaristiques qui, pour la plupart, apportent un éclaicissement à l’intrigue. Cela offre souvent une respiration salvatrice, qui permet à Logan recouvrer un peu de santé avant de repartir au charbon.

Une belle vitrine pour la PS5
Techniquement, le jeu est impressionnant. Wolverine est probablement ce qui se fait de mieux sur PS5, en particulier sur les modèles de visages et les expressions. Merci au niveaux couloirs et semi-ouverts qui permettent de gagner plus de puissance. Sur une PS5 standard, le jeu tourne sans problème en 60 images par seconde avec ray tracing, ce qui est assez rare pour être souligné. La PS5 Pro, quant à elle, gagne en résolution et en effets, pour un rendu encore plus soigné.
Côté son, la musique n’est pas ce qui me fera me souvenir du jeu. En revanche, les acteurs qui ont doublé la VO, mais aussi la VF, ont rendu une copie quasi parfaite.

Que penser de ce Wolverine ?
Mon verdict est assez mitigé. En effet, bien que j’aie pris beaucoup de plaisir à Platiner Marvel’s Wolverine, le jeu n’est pas le nouveau Spider-Man que nous espérions. Il en résulte un blockbuster solide, spectaculaire et facile à dévorer, qui réussit à faire sentir la fureur de Logan, mais qui manque de prise de risque et de variété. Les fans de Wolverine, des X-Men et de Marvel y trouveront leur compte, avec de très nombreux clins d’œil aux comics, séries et films Marvel, tout comme les joueurs en quête d’un défouloir bien produit. Ceux qui attendaient la révolution d’Insomniac risquent, eux, de rester sur leur faim.
Enfin, je vais rajouter quelque chose de très personnel. Marvel’s Wolverine a beau être classé PEGI 18, je m’attendais à ce qu’il soit plus gore ou grossier que Spider-Man. Toutefois, l’omniprésence d’alcool, notamment de whisky, me pose un gros problème. Dans un premier temps en tant que père de famille, car montrer autant d’alcool festif à un public jeune me dérange. Ne nous voilons pas la face, des gamins y joueront malgré le PEGI 18. Mais c’est surtout en ma qualité d’ancien consommateur abusif de whisky (en cours de sevrage) que cela m’a posé problème. C’est très dur de refouler une envie d’aller s’acheter une bouteille en étant stimulé en permanence. Bien que Logan soit addict à l’alcool, il aurait été intéressant de trouver un moyen, tout comme pour le sang, de désactiver la vision du whisky dans les paramètres du jeu.


Pros
- Des combats brutaux et spectaculaire
- Une réalisation graphique très solide,
- Du 60 images par seconde avec ray tracing
- La relation entre Logan et Jean Grey
- Un excellent casting vocal et une ambiance adulte assumée
- De nombreux clins d’œil aux comics
Cons
- Un gameplay répétitif
- Une structure trop linéaire
- Une histoire convenue
- Un jeu qui manque de personnalité
- Un rythme haché
- Lisibilité parfois difficile des combats
- Trop d’alcool
Marvel’s Wolverine – Ça va trancher chérie
Conclusion
Bien que j’aie pris beaucoup de plaisir à Platiner Marvel’s Wolverine, le jeu n’est pas le nouveau Spider-Man que nous espérions. Il en résulte un blockbuster solide, spectaculaire et facile à dévorer, qui réussit à faire sentir la fureur de Logan, mais qui manque de prise de risque et de variété. Les fans de Wolverine, des X-Men et de Marvel y trouveront leur compte, avec de très nombreux clins d’œil aux comics, séries et films Marvel, tout comme les joueurs en quête d’un défouloir bien produit. Ceux qui attendaient la révolution d’Insomniac risquent, eux, de rester sur leur faim.
