Aller au contenu
Accueil » TEST – NBA the run : le retour du basket arcade ?

TEST – NBA the run : le retour du basket arcade ?

  • Kuma 
Temps de lecture : 5 minutes

La saison NBA vient tout juste de tirer sa révérence. Forcément, cette fin de championnat m’a replongé dans un véritable mood basket ces dernières semaines. D’ailleurs, j’ai repris énormément de plaisir sur NBA Jam sur Wii, un classique arcade qui reste toujours aussi efficace aujourd’hui. Dès lors, lorsqu’un nouveau jeu de basket arcade débarque sur le marché, il attire immédiatement mon attention.

Cette fois-ci, c’est NBA The Run qui tente sa chance. Développé par Play by Play Studios, le titre est disponible depuis le 9 juin sur PC via Steam, mais également sur PS5 et Xbox Series. À première vue, la promesse paraît séduisante. En effet, le studio cherche à retrouver l’essence des grands jeux de basket arcade qui privilégient le fun immédiat.

Cependant, les promesses restent une chose. L’expérience manette en main en est une autre. Ainsi, après plusieurs heures passées sur les playgrounds du jeu, NBA The Run réussit-il à ressusciter l’esprit de NBA Street ?

Test réalisé sur Playstation 5 à l’aide d’une clé numérique envoyée par l’éditeur que nous remercions.

NBA X Fortnite

Imaginez NBA Street qui rencontre Fortnite.Voilà exactement ce que cherche à accomplir NBA The Run.

Le concept est simple. Deux équipes de trois joueurs s’affrontent exclusivement en ligne sur des playgrounds. Ici, le réalisme reste sur le banc, ce n’est que du basket spectacle. Dès les premiers matchs, les anciens ressentiront une énorme vague de nostalgie. En effet, NBA The Run reprend l’ADN de NBA Street sur PS2. Gros dunks, actions improbables et ambiance street composent chaque rencontre. Le but n’est pas de reproduire la NBA. Le but est de faire le show.

Toutefois, le jeu ajoute une couche moderne à la recette. Chaque panier, interception ou action décisive rapporte de l’argent virtuel. Ensuite, cette monnaie permet de recruter des stars NBA, débloquer des dunks et autres items à récupérer. Dans l’idée, plus vous performez et plus vous accéder aux récompenses. De plus, les terrains changent constamment de décor, histoire de tenter de varier le style du jeu.

Mais voici le véritable éléphant dans la pièce : toute la structure du jeu ressemble à un free-to-play. Progression, déblocages, cosmétiques : tous les ingrédients sont là. Pourtant, NBA The Run coûte 25 euros. Bref, ça pique…

Street power basket

Visuellement, NBA The Run assume pleinement son héritage. Le jeu adopte un style cell-shading sympathique qui rappelle immédiatement les titres arcade de l’ère PS2. Malheureusement, la comparaison s’arrête là.

Sur PS5, le rendu reste correct sans jamais impressionner. Pire encore, l’ensemble dégage régulièrement une forte odeur de free-to-play. Les modèles de personnages manquent de finesse et certains environnements paraissent étonnamment basiques.

Pour compenser, les développeurs ont choisi une autre stratégie : l’excès. Chaque dribble spectaculaire déclenche une avalanche d’effets visuels. Une feinte réussie ? Explosion graphique. Un défenseur qui glisse ? Effet sonore façon ankle breaker. Toujours plus d’actions flashy, toujours…Au début, le résultat amuse. Pendant dix minutes, on sourit même devant ce feu d’artifice permanent. Ensuite, l’effet s’évapore. Tandis que Street Hoop, réservait ses animations les plus folles aux moments importants, NBA The Run en abuse constamment. À force, plus rien ne paraît spécial.

La bande-son suit malheureusement la même trajectoire. On est à des années-lumière des sons d’un NBA Jam ou de l’ambiance légendaire de Street Hoop. Ici, c’est plat, ennuyeux, pas fun ni arcade… Au final, NBA The Run veut ressembler à un grand jeu arcade moderne. Pourtant, entre ses effets omniprésents, ses skins génériques et sa présentation très bas de gamme, il évoque davantage un jeu free-to-play qu’une production à 25 euros.

Faute technique

Pour commencer, rappelons un principe essentiel. Un jeu de basket arcade doit avant tout être fun. Mieux encore, il doit devenir encore plus amusant en équipe. Pourtant, c’est précisément sur ce point que NBA The Run montre rapidement ses limites.

D’une part, le titre ne propose aucun mode hors ligne. Ainsi, toute l’expérience repose sur les serveurs et le multijoueur. Par conséquent, le jour où la communauté s’en ira, le jeu perdra automatiquement sa principale raison d’exister. Pour un jeu payant, ce choix soulève déjà plusieurs questions. D’autre part, les matchs à trois contre trois procurent une étrange sensation de solitude. Sur le papier, vous partagez le terrain avec deux coéquipiers. En pratique, chacun cherche surtout à améliorer ses statistiques personnelles. Dès lors, oubliez les alley-oops spectaculaires et les actions collectives mémorables.

En effet, la progression favorise avant tout les exploits individuels. De ce fait, Stephen Curry enchaîne les tirs à trois points. Dans le même temps, Luka Dončić monopolise le ballon tandis que LeBron James attaque le cercle sans hésiter. Ainsi, chaque joueur cherche principalement à générer davantage d’argent virtuel grâce à son propre highlight.

Certes, une exception existe. Si vous jouez avec deux amis et développez de véritables automatismes, l’expérience peut gagner en intérêt. Toutefois, cette situation reste relativement rare pour la majorité des joueurs solo.

Enfin, les matchs s’enchaînent rapidement et les temps de chargement restent très courts. Cependant, cette fluidité masque difficilement un problème plus profond. En effet, le terrain bascule souvent dans un chaos permanent. Au final, le gameplay privilégie davantage l’agitation que la lisibilité. Par conséquent, le fun s’érode progressivement au fil des rencontres.

Pour

  • Les graphismes qui rappellent NBA Street
  • Les gros dunks
  • Marrant 10 minutes

Contre

  • Les quelques stars totalement cheatées
  • Jeu qui mise sur les performances individuelles et qui isole le joueur des autres
  • Répétitif à l’extrême au bout de 10 minutes
  • Jouable uniquement online

NBA The run

Vintage

Graphismes/D.A
Ambiance/sound design
Gameplay
Intérêt

Conclusion

NBA The Run voulait ressusciter l’âme de NBA Street. Il finit surtout par ressembler à un free-to-play premium où chacun joue pour lui-même. Répétitif et ennuyeux, il finira par vous inciter à (re)découvrir de vrais jeux de basket arcade.

1.8