Halloween, c’est passé, mais on reste tout de même dans le thème avec un jeu un peu étrange. Vous ne pouvez pas le deviner, mais aujourd’hui, on parle de Virtue and a Sledgehammer ! Développé par Deconstructeam et Selkie Harbour, cette bizarrerie est arrivée sur PC depuis le 27 octobre 2026 ! Un petit test, ça vous dit ?
Test réalisé sur PC & Steam Deck à l’aide d’une version numérique envoyée par l’éditeur que nous remercions !

Un coup de masse et ça repart.
Nous incarnons Pratelle, une jeune femme qui revient dans son village natal, Virtud, avec un objectif bien précis : retrouver sa sœur Nina. Mais les retrouvailles risquent de ne pas se dérouler exactement comme prévu. À son arrivée, elle découvre que les habitants ont été remplacés par des androïdes. Des machines qui portent en elles les souvenirs et les personnalités numérisées de ceux qui vivaient autrefois dans le village.




J’avoue que je ne m’y attendais pas du tout. Moi qui pensais juste traverser une petite histoire narrative avec une masse, j’étais bien loin du compte.
Au fil de notre progression, quelques souvenirs disséminés ici et là viennent éclairer le passé de notre héroïne. On découvre progressivement ce qui est arrivé à sa mère, à sa sœur, mais aussi les événements qui ont profondément marqué cette famille. Le jeu ne raconte pas ces souvenirs dans l’ordre : ils arrivent par fragments, parfois tendres, parfois insupportables. Je n’ai pas trouvé ça plus que ça brouillon, pour autant.
Derrière son apparente simplicité, le récit aborde des sujets particulièrement difficiles : le deuil, la colère, les traditions, la transmission et ce sentiment douloureux de ne plus appartenir à l’endroit qui nous a vus grandir. Certaines paroles font d’ailleurs particulièrement mal. Les personnages ne prennent pas toujours de pincettes et quelques échanges peuvent laisser un goût amer.

Pratelle mais pas que :
Le jeu soulève également une interrogation particulièrement intéressante autour de l’intelligence artificielle et de la numérisation de l’identité humaine. Un sujet qui, personnellement, m’intéresse énormément.
Que reste-t-il d’une personne lorsque ses souvenirs et sa personnalité sont reproduits dans une machine ? Peut-on encore considérer ces androïdes comme des êtres à part entière ?

Détruire un robot qui s’exprime avec la voix d’un proche n’est alors plus un simple geste ludique. La réflexion va même plus loin. En imaginant un village dont les habitants ont été « libérés » de la douleur, de la maladie et du vieillissement au prix de leur humanité, le jeu interroge aussi notre rapport actuel à l’IA, à l’automatisation et à la marchandisation de la création. Ce n’est pas un simple décor science-fictionnel. Virtue and a Sledgehammer semble clairement s’adresser à une époque obsédée par l’idée de remplacer l’humain, ou du moins de le simplifier jusqu’à le rendre plus pratique.


Attention chéri, ça va casser !
Ici, inutile de chercher une multitude de commandes ou des combinaisons complexes. Virtue and a Sledgehammer va droit au but : avancer, lever sa masse et frapper !
Et franchement, quelle satisfaction ! Il y a quelque chose de particulièrement grisant dans cette sensation de destruction. Les animations sont très réussies : l’anticipation du mouvement, le poids de la masse, l’impact et le relâchement donnent une certaine sensation de puissance à chaque frappe. On prend rapidement goût à démolir tout ce qui nous passe sous la main.

La lenteur du geste n’est pas un défaut. Chaque coup doit être chargé, puis se termine par une récupération marquée. Ce rythme empêche la démolition de devenir un simple spam de clics et donne de la matérialité à la violence et rend Pratelle plus humaine aussi.
Les décors réagissent également très bien : les murs s’effondrent, les débris s’accumulent, et certains impacts peuvent même révéler des souvenirs cachés, des formes humaines rougeoyantes dissimulées dans les différents environnements. Ces manifestations donnent accès à des souvenirs de notre jeune héroïne, permettant de reconstituer progressivement les morceaux de son histoire. Lorsque nous en récupérons un certain nombre, une scène narrative plus longue devient accessible, accompagnée de choix qui viennent enrichir notre compréhension des événements.
Mais attention, car les rencontres avec les androïdes viennent régulièrement bousculer cette petite routine. Certains se montrent particulièrement hostiles, n’hésitant pas à nous insulter ou à nous attaquer. D’autres, en revanche, préfèrent fuir ou supplier Pratelle de les épargner.

Il faut toutefois être honnête : nous ne sommes pas face à un jeu d’action exigeant. Les possibilités restent limitées, les affrontements ne demandent pas de vraie maîtrise et la progression est relativement linéaire. On pourrait même le qualifier de walking simulator avec une masse. Une description qui lui correspond finalement assez bien !
En rouge et noir je vais tout casser !
Visuellement, Virtue and a Sledgehammer adopte une direction artistique minimaliste qui ne manque pas de personnalité. Son esthétique low-poly, avec ses volumes massifs et ses environnements aux allures de productions PS2, possède un charme assez particulier. On pense parfois à SOMA pour son questionnement sur la conscience numérique, ou à Mouthwashing pour cette manière de rendre un espace familier profondément instable.



Les couleurs jouent énormément sur l’ambiance. Les rouges particulièrement vifs contrastent avec les décors sombres et la lumière nocturne inquiétante. Le résultat fonctionne très bien et contribue à installer une atmosphère pesante, presque irréelle.
La bande-son, signée fingerspit, (connue pour àvoir composé des musiques de Minecraft) est essentiellement synthétique, mélancolique et discrète. (Je suis assez friande de ce genre de musiques, alors j’y trouve forcément mon compte !) Elle accompagne parfaitement cette traversée d’un village qui semble avoir perdu son âme. Ce qui m’a particulièrement marquée sinon, c’est le silence qui règne dans les environnements. Chaque coup de masse résonne dans cet univers étrangement déserté. Une opposition assez réussie entre la brutalité de nos actions et la mélancolie qui imprègne l’ensemble de l’aventure.


PC vs Steam Deck :
Petite remarque technique toutefois : si je n’ai rencontré aucun souci sur PC, l’expérience est moins convaincante sur Steam Deck. La console a tendance à chauffer et à saccader même avec la configuration recommandée. Un point à prendre en considération si vous comptiez découvrir l’aventure en mode portable.

Une expérience indie singulière
Virtue and a Sledgehammer est une belle petite surprise qui mérite que l’on s’intéresse à elle. Derrière son concept de démolition particulièrement accessible se cache un récit familial sombre, porté par des thématiques fortes et une réflexion intéressante sur la mémoire, l’identité et notre rapport à l’intelligence artificielle.
Certes, tout n’est pas parfait. Le gameplay reste très limité, la progression est linéaire et certaines séquences peuvent sembler un peu longues. Mais le titre possède une véritable personnalité. Il parvient surtout à transformer un geste aussi banal que frapper avec une masse en quelque chose de beaucoup plus personnel et émotionnel.
Comptez environ quatre petites heures pour en venir à bout. Une durée de vie assez courte, mais qui me semble parfaitement adaptée à ce que le jeu souhaite raconter.


Test – Virtue and a Sledgehammer : l’âme et l’IA
Conclusion
Notation
Les +
- L’ambiance soignée
- Un gameplay simple mais efficace
- Une profonde réflexion sur l’IA et l’âme
Les –
- Peut être trop linéaire
- Brouillon si joué en plusieurs sessions
4,1 sur 5
OursGamer décerne la papate d'or
