Lors de l’AG French Direct, j’ai découvert le trailer de Deer & Boy. Dès les premières images, l’univers du jeu a immédiatement retenu mon attention. J’ai alors téléchargé la démo disponible sur Steam afin de me faire un premier avis. Cette première expérience a renforcé mon envie de découvrir la version complète. Alors, cette production indépendante parvient-elle à confirmer les espoirs placés en elle ou laisse-t-elle quelques regrets en chemin ?
Test réalisé sur Playstation 5 à l’aide d’une clé numérique envoyée par l’éditeur que nous remercions.
Je m’en vais
Dès les premières minutes, Deer & Boy adopte une approche narrative originale. Le jeu nous place dans la peau d’un jeune garçon dont nous ignorons tout, jusqu’à son prénom. Ce choix renforce immédiatement le mystère qui entoure son aventure. De plus, les développeurs font le pari d’un récit entièrement muet. Aucun doublage ne vient orienter le joueur. Ainsi, chacun peut interpréter l’histoire selon sa propre sensibilité. Cette mise en scène cinématographique apporte une forte dimension émotionnelle à l’ensemble.
Par ailleurs, la fuite du héros prend une nouvelle direction lorsqu’il rencontre un faon. Progressivement, une relation de confiance se construit entre les deux compagnons. À l’image de The Last Guardian, leur survie repose sur une entraide constante. Chacun possède des compétences complémentaires, ce qui crée de nombreuses situations de coopération. De ce fait, le joueur s’attache rapidement à ce duo particulièrement touchant.


Cependant, Deer & Boy ne se limite pas à une simple histoire d’amitié. Derrière cette fuite se cache une réalité plus sombre. À la manière de Frère des Ours, notre héros tente avant tout d’échapper à un lourd passé familial. Sans révéler les surprises du scénario, le jeu aborde avec finesse des thèmes plus sombres. Dès lors, le lien entre le garçon et le faon devient un puissant moteur narratif. Peu à peu, il dévoile les blessures du protagoniste et éclaire son histoire.
Enfin, cette narration rappelle parfois Journey dans sa façon de suggérer plutôt que d’expliquer. Le récit progresse par petites touches et laisse une place importante à l’interprétation. Grâce à cette subtilité, l’aventure reste accessible aux plus jeunes. En parallèle, les adultes percevront facilement le double sens de plusieurs séquences. Au final, Deer & Boy livre un scénario touchant, intelligent et universel.
Heart of Stranger things
Dès les premières minutes, Deer & Boy rappelle plusieurs classiques du jeu vidéo. En effet, le titre mélange habilement l’action, la plateforme et la réflexion. On pense rapidement à Heart of Darkness et Little Nightmares dans sa construction. Toutefois, le jeu parvient à conserver sa propre identité grâce à son univers et à sa narration.
Côté gameplay, notre jeune héros peut courir, sauter, déplacer des objets et activer différents mécanismes. Ainsi, la progression reste fluide tout au long de l’aventure. De plus, certaines séquences de fuite apportent davantage de tension. À plusieurs reprises, elles m’ont d’ailleurs fait penser au jeu Antro dans leur aspect parcours et leur mise en scène dynamique.


Lorsque le faon rejoint notre aventure, le gameplay gagne en profondeur. Dans un premier temps, il est possible de lui indiquer des zones à atteindre ou des actions à réaliser. Par conséquent, la coopération entre les deux personnages devient essentielle pour progresser. En parallèle, le jeu intègre également plusieurs passages d’infiltration qui rappellent Metal Gear Solid. Les développeurs glissent même quelques références sympathiques, notamment lors d’une descente d’échelle qui évoque directement Metal Gear Solid 3.
Par la suite, le faon développe de nouvelles capacités aux accents magiques. Grâce à elles, il peut supprimer certains obstacles et ouvrir de nouveaux chemins. Cette mécanique m’a parfois rappelé Stranger Things dans son exécution. Malgré tout, Deer & Boy reste avant tout un jeu d’action-aventure et de plateforme. Enfin, quelques énigmes viennent rythmer l’exploration. Si la majorité reste accessible, certaines demandent une véritable observation. En effet, plusieurs détails visuels dissimulent des indices indispensables à leur résolution.


Un gameplay exponentiel
Si Deer & Boy se présente comme un jeu en 2D, l’aventure exploite largement la 2.5D durant ses premières heures. Ainsi, il faut régulièrement observer les arrière-plans et les différents plans de profondeur. En effet, la solution la plus évidente n’est pas toujours la bonne. Par conséquent, foncer tête baissée conduit souvent à manquer un passage ou un élément important. Cette approche encourage naturellement l’observation et la réflexion.
D’ailleurs, les plus jeunes devraient rapidement trouver leurs marques. Comme Heart of Darkness à son époque, le jeu ne s’encombre ni d’une barre de vie ni d’un HUD. De plus, les zones de jeu restent relativement compactes. Chaque séquence fonctionne comme un petit tableau indépendant. Ainsi, il devient facile de progresser par courtes sessions. Un avantage appréciable pour les parents qui disposent de peu de temps pour jouer.
Par ailleurs, certaines mécaniques rappellent également L’Odyssée d’Abe. Il est notamment possible d’appeler le faon ou de lui donner plusieurs consignes afin de progresser. On peut également lui faire des calins ce qui accentue le coté choupinou de l’ensemble.


Cependant, l’aventure ne cesse jamais de se renouveler. Sans entrer dans les détails, le faon grandit tandis qu’un nouveau personnage rejoint progressivement l’histoire. Dès lors, Deer & Boy abandonne peu à peu ses espaces restreints pour proposer des environnements beaucoup plus vastes en trois dimensions. Cette évolution transforme la progression et accentue le sentiment d’aventure.
Enfin, la dernière partie du jeu mérite une mention particulière. Son aspect grandiose et épique ponctuent parfaitement cette oeuvre. Au final, Deer & Boy propose un gameplay classique dans ses fondations, mais remarquablement varié et terriblement efficace.
Simple mais pas si simpliste
Au premier regard, Deer & Boy affiche une direction artistique relativement simple. Le héros rappelle d’ailleurs celui de Jusant avec son bonnet et ses expressions discrètes. De même, les premiers environnements forestiers paraissent sobres et minimalistes. Pourtant, cette simplicité n’est qu’une façade qui cache une évolution visuelle progressive.
En effet, la direction artistique gagne en richesse au fil de l’aventure. Les décors deviennent plus travaillés, les arrière-plans s’illuminent et les effets graphiques se multiplient. Ainsi, le jeu évoque souvent Heart of Darkness dans sa capacité à paraître simple tout en étant très construit. À mesure que l’histoire s’assombrit, l’univers visuel se transforme et prend une ampleur inattendue.
Par ailleurs, les dernières heures du jeu marquent un véritable tournant. Certaines séquences rappellent l’ambiance étrange de Stranger Things, tandis que d’autres offrent une dimension plus poétique. Accompagné du cerf, le joueur traverse alors des environnements spectaculaires et chargés d’émotion à la façon d’un Sayonara Wild Heart. Cette montée en intensité renforce fortement l’impact narratif.


De plus, plusieurs cut-scenes viennent rythmer la progression. Elles assurent la continuité de la narration tout en intégrant de nombreuses références à la pop culture. On remarque notamment un clin d’œil à E.T., ainsi que d’autres inspirations disséminées avec intelligence.
Enfin, la bande-son accompagne parfaitement cette évolution artistique. Chaque thème souligne les moments clés avec justesse. La musique de fin se révèle particulièrement touchante et laisse une vraie empreinte émotionnelle. Malgré quelques rares ralentissements techniques, l’ensemble reste très fluide et cohérent. Deer & Boy propose ainsi une expérience courte mais marquante. Même si la rejouabilité reste limitée, le jeu donne envie d’y revenir pour revivre cette aventure et ses émotions. Au final, il s’agit d’une direction artistique maîtrisée et profondément réussie.
Pour
- Graphiquement simple mais sompteux
- Un gameplay intelligent et fin
- Une fin totalement épique
- Une narration exemplaire sans un mot
- Plus profond qu’il n’y parait
- Des personnages tellement attachants
Contre
- Un peu court
- Une absence de réelle rejouabilité
Deer & Boy
Conclusion
Deer & Boy est une aventure aussi touchante que mémorable, portée par une narration subtile et une direction artistique en constante évolution. Malgré sa courte durée de vie, le jeu parvient à marquer durablement grâce à son duo attachant. Une véritable pépite émotionnelle qui fait du bien en 2026
